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Global Industrie : l'industrie poursuit sa mue

[Article du 11/03/2019]

Le salon Global Industrie, qui se tiendra à Lyon du 5 au 8 mars, sera l'occasion de découvrir les dernières avancées technologiques de l'industrie 4.0. Innovation Review vous présente en avant-première quelques-unes des innovations qui y seront présentées.

Jumeau numérique
Solystic

Jumeau numérique

 Solystic optimise l'ensemble de la supply chain 

Entreprise fondée dans les années 1950 et spécialisée dans la fourniture de solutions de tri postal, Solystic a opéré un virage inattendu en se lançant dans le développement et la commercialisation d'un jumeau numérique capable de simuler et d'accompagner l'optimisation de l'ensemble d'une supply chain. « En 2009, l'une de nos équipes de techniciens a été envoyée pendant six mois en Allemagne pour finaliser l'installation du logiciel permettant de piloter une machine de tri. Ce travail pouvait être uniquement réalisé de nuit, car l'usine fonctionnait normalement en journée. Au bout de six mois, les techniciens sont rentrés et nous ont dit "plus jamais ça" », raconte Eric Daymier, responsable du Service Développements Applicatifs & Services de Solystic. L'entreprise a donc décidé de mettre au point une solution, SoSi, permettant de numériser ces machines afin de faciliter et d'améliorer les conditions d'intégration des logiciels. « Grâce à notre logiciel de simulation, nous mettons désormais une à deux semaines en moyenne par intégration », précise Eric Daymier. Cette solution développée initialement pour optimiser les process en interne va désormais permettre à l'entreprise de diversifier son activité, puisque cette dernière envisage aujourd'hui de commercialiser ce logiciel. Elle a en effet conclu un partenariat avec ARaymond France, pour développer un jumeau numérique permettant d'optimiser l'ensemble de la supply chain de ce leader des solutions de fixation pour automobile : des fournisseurs aux usines, en passant par les sous-traitants aux transporteurs. « Nous pouvons générer automatiquement des Value Steam Maps (VSM) et obtenir ainsi une cartographie des différents flux, en 3D à vitesse réelle ou en vitesse très accélérée. Cette élasticité du temps est précieuse pour identifier les pôles à optimiser. » Après cette première expérience avec ARaymond, Solystic entend développer cette nouvelle branche d'activité et s'attaquer aux marchés de la logistique et de la supply chain.

Fabrication additive
Metrom

Fabrication additive

  Multistation s'attaque à la réparation complexe 

L'arrêt de la production dans l'attente du remplacement d'une pièce défectueuse est particulièrement problématique pour les entreprises. Et ces délais peuvent être rallongés si l'accès au site est complexe, si la pièce est indisponible ou en raison de contraintes douanières. « Les pertes peuvent parfois s'élever à plus de 500 000 euros par jour », souligne Yannick Loisance, PDG de Multistation, société d'ingénierie et de fabrication de produits numériques et additifs. C'est particulièrement vrai dans les environnements de production contraignants, avec des chaînes logistiques complexes, comme les plateformes pétrolières, les mines, les turbines, les tunnels, les centrales nucléaires ou encore les installations ferroviaires. Dans ces secteurs, la fabrication additive se présente comme une solution de réparation particulièrement intéressante. L'entreprise Multistation a développé une solution clé-en-main de réparation à base de fabrication additive, en partenariat avec Segula Technologies. Ce dernier prend en charge l'engineering : il détermine si la pièce défectueuse est éligible à une réparation via la fabrication additive, s'il faut modifier la pièce, les matériaux à utiliser, les post-traitements à prévoir, etc. Multistation se charge ensuite de livrer les machines appropriées dans des conteneurs spécialisés. Elle livre notamment des machines de la marque Metrom, mobiles et multifonctions. Avec une seule et même machine, il est possible d'effectuer des opérations de fabrication additive, mais aussi d'usinage, de mesurage, de soudage, etc. Multistation peut également former le personnel sur place à l'utilisation de la machine, et prendre ainsi en charge de A à Z les opérations de réparation complexes impliquant la fabrication additive.

Robotique

Robotique

  Kmeleon met la programmation à portée de tous  

Tesseract Solutions est une entreprise qui développe des solutions de robotique. Voulant rendre son cœur de métier accessible aux néophytes, ainsi qu'aux petites et moyennes entreprises ne disposant pas toujours des ressources humaines nécessaires, elle a développé un logiciel de programmation de robots collaboratifs intuitifs, sans ligne de code : Kmeleon. « Pour programmer le robot, il suffit de relier des blocs fonctions entre eux », explique Florian Dordain, le président et directeur technique de la société. Il est ainsi très simple de programmer les robots pour qu'ils effectuent des opérations simples comme le contrôle qualité, mais aussi des actions plus complexes telles que de la palettisation. L'avantage de ce logiciel est qu'il permet de programmer des robots de différentes marques, mais aussi d'utiliser un même bras robotique mobile sur différents îlots, en lançant des programmes différents : les différents programmes sont conçus à l'avance et en phase de production, on peut pré-charger jusqu'à quatre programmes et les changer ensuite à la volée, en cliquant sur un simple bouton. « Notre solution répond aux besoins des entreprises du secteur du luxe et fabricants de produits haut-de-gamme, qui font beaucoup de petites séries. Nous visions néanmoins au départ plutôt les TPE, voire les ETI. » Tesseract Solutions accompagne d'ailleurs également ses clients dans la demande de financement. L'entreprise, qui s'apprête à changer de locaux et devra bientôt recruter pour répondre à la croissance de son activité, commercialisera prochainement des nouvelles solutions. Un logiciel dédié à la vision pour le contrôle qualité, intégrant une couche d'intelligence artificielle, va notamment voir le jour.

Maintenance prédictive
Amiral Technologies

Maintenance prédictive

  Amiral Technologies réduit les fausses alertes  

Détecter les défauts de production est un souci permanent dans l'industrie. Le déploiement de systèmes de maintenance prédictive permet aujourd'hui de les identifier bien plus aisément. Mais les fausses alertes restent un problème. « Il faut sans cesse trouver un compromis : maximiser la détection des défauts, tout en minimisant les fausses alertes », explique Katia Hilal, CEO d'Amiral Technologies, entreprise issue d'un transfert d'une technologie développée au CNRS, et incubée à la SATT Linksium de Grenoble. Bénéficier d'indicateurs pertinents et précis pour identifier les défauts est donc primordial. La solution développée par la start-up, Diagsign, doit justement permettre de les pointer plus précisément. Cette technologie génère à partir d'une machine des caractéristiques très discriminantes et adaptées à la détection de signaux faibles ou transitoires. Un très large panel de données peut être exploité : du courant électrique à la vibration en passant par la pression. Ces caractéristiques permettent ensuite de catégoriser le comportement de la machine (normal, en fin de vie, en dérive...) pour déterminer si, oui ou non, un défaut peut survenir dans la production. La richesse des indicateurs permet une prédiction précise et réduit le risque de fausses alertes. De plus, la phase de validation de faisabilité et la conception de l’algorithme de détection sont significativement plus courtes qu'avec des modèles classiques car le modèle prédictif est réalisé de manière automatique. Le travail des experts n'intervient qu'au moment de la validation du modèle et non tout au long du processus de conception. Amiral Technologies a déjà réalisé des preuves de concept auprès de plusieurs clients et continue à élargir le champ des applications de sa solution.

IOT
Moiz

IOT

  Moïz invente des capteurs auto-suffisants . 

D'ici 2025, 25 à 50 milliards d'objets connectés seront sur le marché. Des objets qui sont actuellement rendus communicants grâce à des capteurs fonctionnant sur pile ou batterie. Lorsque cette batterie cesse de fonctionner, il faut la changer, voire remplacer le capteur lui-même, ce qui entraîne des coûts cachés importants, en particulier pour les entreprises disposant d'un nombre important d'objets connectés. La start-up Moïz, incubée à la SATT Linksium jusqu'à la fin du mois de mars, veut répondre à cette problématique. Elle est en train de développer, à partir d'une technologie mise au point par le CNRS, un capteur autoalimenté, sans pile ni batterie. Le capteur récupère l'énergie thermique environnante et la transforme en électricité. Cette technologie, reposant sur l'effet Seebeck et primée lors de la dernière édition du concours d'innovation i-Lab, nécessite peu de maintenance et peut avoir une durée de vie relativement importante. La première version de ce capteur, en phase de validation chez un client, vise à suivre la température des roulements d'un parc de véhicules disséminés et isolés. Lorsqu'un véhicule roule, la convection de l'air entraîne un échauffement, qui est contrôlé par un capteur, lui-même alimenté par cette production de chaleur. L'entreprise n'entend pas se limiter aux capteurs de température. Un capteur de flux de gaz, profitant de la détente de ce gaz pour le convertir en énergie, est en cours de prototypage.

Data
Aquassay

Data

 Aquassay améliore l'efficacité hydrique des industriels 

Si l'optimisation énergétique est désormais une problématique présente dans l'esprit de la plupart des dirigeants, l'importance de l'efficacité hydrique est encore trop souvent sous-estimée. Aquassay veut justement aider les entreprises à améliorer le fonctionnement de leurs procédés hydriques, grâce à l'analyse de données. « Au départ, notre métier consistait en l'accompagnement des industriels dans la mise en place d'une stratégie visant à consommer moins d'eau, à mieux l'utiliser et à rejeter moins de polluants », explique Vincent Reynaud, chargé d'animation commerciale des distributeurs. Pour cela, Aquassay a développé le boîtier Opwee, capable de communiquer avec tous les systèmes existants d'une usine et d'en extraire les données pour les envoyer sur une plateforme cloud, en temps réel. La visualisation de ces données permet de détecter les points les plus sensibles et nécessitant d'être optimisés en priorité. « Dans certaines usines, on peut par exemple détecter qu'à certains stades du process il est possible de moins laver et donc de diminuer la consommation d'eau. Un peu plus loin, on pourra peut-être substituer un produit de nettoyage à un autre, moins polluant, dont les rejets seront moins complexes à gérer, etc. », explique le chargé d'animation commerciale. Les clients d'Aquassay peuvent souscrire à un abonnement leur permettant d'avoir accès à ce service de suivi. Mais les solutions proposées par Aquassay vont plus loin. Le spécialiste de l'efficacité hydrique a intégré sa solution directement dans une chaudière connectée, développe un volet de maintenance prédictive pour pousser plus loin encore la gestion hydrique et a déposé un brevet sur un système permettant de trier la qualité des eaux en fonction de leur degré de pollution.

Thibault Lescuyer

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