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Mars 2018

L’Usine IO peaufine des offres sur mesure

[Article du 01/03/2018]

L’incubateur hardware Usine IO présentait la semaine dernière la première promotion de start-up passées par son nouveau programme d’accélération Focus. Ce bilan a convaincu Usine IO de personnaliser davantage encore son programme pour sa deuxième promotion qui sera consacrée à l’industrie du futur.


Robot autonome de TeleRetail. La startup travaille actuellement avec SwissPost sur des applications de coursiers autonomes © Florent Detroy

« Si vous connaissez quelqu’un qui a raté son contrôle technique, pensez à nous ! » C’est ainsi qu’Igor Turevsky, directeur international de la start-up anglaise CGon, a conclu sa présentation lors de la soirée organisée par Usine IO dans ses locaux du 13e arrondissement de Paris. CGon a développé une technologie qui permet de réduire les émissions de CO2 et de particules des véhicules en injectant un peu d’hydrogène dans le réservoir des véhicules. Créée par un ancien sous-marinier expert en électrolyse, la technologie permet à des véhicules très polluants de respecter les normes anti-pollution actuelles type Euro 6.

CGon fait parti des six start-up qui ont été accélérées par le programme Focus d’Usine IO. Lancée en octobre 2017, le programme - dédié cette fois à la mobilité - a été mené dans les locaux de Station F. Aux côtés de CGon se tenaient Innov-Plus (caméra pour cockpit), 2Hire (véhicule connecté), Teleretail (robot autonome), Newron Motors (moto électrique) et SeadataQuest (drone sous-marin), cette dernière ayant finalement quitté le programme. D’une durée de quatre mois, Focus consiste à accompagner ces start-up dans le développement de leurs produits, de leur business ou dans leur recherche de partenariats industriels. « A la différence de notre incubateur, le programme a ici une durée fixe, et il est réalisé avec des partenaires. Les start-up ont accès à leur experts et peuvent lancer des projets pilotes avec eux », explique Emanuel Allely, directeur du programme.


Moto électrique de Newron Motors, développée en partenariat avec Dassault System pendant le programme Focus ©Florent Detroy

L’atout majeur de Focus pour ces start-up, c’est effectivement le réseau de partenaires industriels. Usine IO a multiplié ces dernières années les contacts avec les industriels, ce qui lui a permis de lancer ce premier programme avec une vingtaine de partenaires. Valeo, PSA ou encore ST Microelectronics ont été impliqués. « Nous avons réalisé un programme sur mesure pour ces partenaires », souligne Emanuel Allely. Ces industriels participent à ce programme pour des raisons parfois différentes : cela peut aller du besoin de tester une des technologies développées par des start-up au souhait de profiter de l’aura jeune et moderne de Station F. « Mais l’ensemble des start-up doit intéresser les partenaires », précise Emanuel Allely. Au final, le rôle de Focus est de multiplier les échanges entre grands groupes et start-up. « Nous sommes un tiers de confiance entre les start-up et les grands groupes », résume Emanuel Allely.

Une nouvelle promotion tournée vers l’industrie du futur

Cette première expérience a permis à l’équipe de l’Usine IO de peaufiner le modèle de son programme Focus. « Vingt partenaires, c’était trop. Pour la prochaine promotion, nous aimerions en avoir six », explique Emanuel Allely. L’objectif, c’est de proposer à ces industriels d’être plus impliqués encore afin d’affiner la sélection et de répondre précisément à leurs besoins. Focus deviendrait par contre payant, avec des tarifs allant de 20 000 à 100 000 euro pour un programme de six mois. Le deuxième programme aura pour thème l’industrie du futur. La liste des partenaires devrait être annoncé ce mois-ci.


L'équipe de la startup 2hire © 2hire

      Trois start-up étrangères      
Encore jeune et peu connu à l’international, le programme Focus a toutefois réussi à attirer trois start-up européennes. Ainsi, Teleretail, inventeur d’un robot autonome pour lequel la société réfléchit encore aux applications de logistique, est une start-up allemande. Elle a été repérée par l’équipe de Focus après que Teleretail a participé à un concours d’innovation lors d’un salon sur les nouvelles mobilités à Francfort, en 2017. « En Allemagne, il n’y a rien de plus grand que Station F. Et il était intéressant de venir à Paris, car ici le trafic est compliqué », explique l’ingénieur de Teleretail, Torsten Scholl. Le programme a notamment permis à Teleretail de rencontrer Systra. Pour 2hire, start-up italienne, c’est la possibilité de rencontrer des industriels qui a été décisive. « Lorsque nous avons rencontré Usine IO, ils nous ont dit qu’ils travaillaient avec Valeo, PSA… Ça nous a intéressés. Nous voulions également élargir nos partenaires, car nous avions besoin de lever des fonds », explique l’équipe. Pour la start-up anglaise CGon, le programme avait surtout l’avantage de faciliter son arrivée sur le marché français. « Nous travaillons avec Usine IO ainsi qu’avec Paris & Co pour gagner en crédibilité en France », explique Igor Turevsky.

Florent Detroy

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