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Décembre 2017 - Janvier 2018

Reymound Yaw Buckman, directeur du Bizlab d’Airbus à Hambourg

[Article du 05/01/2018]

Après Toulouse en 2015, les BizLab de Hambourg puis de Bangalore ont ouvert dans la foulée. Chacun a pour mission d'accélérer une dizaine de start-up par an. Ces centres font partie des nouveaux outils d’innovation ouverte créés sous l’impulsion de Tom Ender aux côtés de Protospace, sorte de Fablab interne, et d’Idea Space, un forum de discussion entre les employés d’Airbus dédié à l’innovation.


Reymound Yaw Buckman, directeur du Bizlab d’Airbus à Hambourg

Comment sélectionnez-vous les start-up du BizLab ?
Nous recevons des candidatures de partout dans le monde. Une fois une première sélection faite, nous les présentons à un jury composé des DTO, CTO, de représentants d’Airbus Ventures et d’autres entreprises. Nous en sélectionnons une dizaine. Le concours est également ouvert aux projets internes. Actuellement, six sur la dizaine que nous accueillons sont des start-up externes. A Hambourg, les start-up sélectionnées ont la plupart du temps déjà réalisé une POC, mais nous pouvons également les aider à le faire. A Bangalore, le BizLab accueille davantage de start-up externes, car il y a peu de production en Inde.

Quelles sont les technologies sur lesquelles est spécialisé le BizLab de Hambourg ?
Il y a ici une tendance à travailler sur les cabines, sur l’« expérience cabine » par exemple. Il y a aussi beaucoup d’industrie 4.0 autour des thèmes de l’automatisation et des véhicules autonomes. Paul [Eremenko, directeur de l’innovation d’Airbus arrivé début 2016, qui a annoncé sa démission en novembre 2017. NDLR] a également fixé des axes de développement sur les technologies. Nous accueillons désormais des start-up qui travaillent sur les secteurs de la défense, de l’aérospatial et des hélicoptères. Nous essayons également d’être actifs sur le secteur du new space, par exemple sur la manière de construire de nouvelles constellations de satellites. Airbus Defense & Space travaille beaucoup sur le thème de l’agriculture et des satellites, par exemple.

Comment intégrez-vous le travail des start-up à l’activité d’Airbus ?
Nous avons installé le centre en dehors d’Airbus, mais pas trop loin, pour que les ingénieurs puissent venir présenter des innovations. Nous organisons également
des journées portes ouvertes pour qu’ils viennent rencontrer les start-up. Lors de la dernière session, près de soixante-dix personnes sont venues. Pour l’instant, nous n’avons pas atteint le nombre critique pour intéresser assez de gens chez Airbus. Mais lors du lancement du premier concours du BizLab, au bout de six semaines, nous avions reçu quatre candidatures. Cette année, nous en avons reçu cent soixante-dix.

 

           4 start-up passées par le BizLab de Hambourg           

Aerial Industry (2017)
La start-up nigériane Aerial Industry développe un drone en bambou pour les activités d’épandage dans les pays en développement. Le drone est doté de capteurs pour analyser les champs, et doit permettre d’aider les agriculteurs à accroitre leur production. La start-up travaille déjà avec Airbus, Bombardier ou encore Rolls-Royce.

AlulA (2017)
La start-up américaine veut permettre aux avions de transmettre en temps réel leurs données en vol. Une fois récupérées, ces données seront envoyées à un centre de traitement d’AlulA pour les sélectionner et les analyser, et les rendre ainsi utiles aux responsables de la maintenance.

ReCalm (Intégrée en 2016)
La start-up allemande a développé une application de réduction de son par l’envoie de signaux de polarité opposée à la source sonore. Le son est alors réduit par interférence destructrice. Après le Bizlab, la start-up à intégrer l’incubateur de l’université de hambourg (TUHH). ReCalm vise le marché de l’aéronautique, mais aussi de l’agriculture ou encore de l’exploitation forestière.

Tied foam core (2016)
Ce projet interne mené par Airbus à Hambourg est une technologie de production de matériaux composite. Elle consiste à renforcer les mousses utilisées dans les constructions en « sandwich » à l’aide d’aiguilles et de résine. L’objectif final est d’améliorer la résistance et le poids des matériaux composites.

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Florent Detroy

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