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Décembre 2017

Territoires innovants

[Article du 04/12/2017]

Dans un contexte où les acteurs locaux ont de plus en plus de responsabilités dans le soutien à l’activité économique et à l’innovation, "Innovation Review" se penche ce mois-ci sur les territoires les plus innovants. En nous basant sur une série d’indicateurs, de brevets, de budgets, de résultats des PIA ou encore d'outils French Tech, nous avons d’abord établi un Top 5 des métropoles les plus innovantes (hors Grand Paris).


Plaine Image, à Lommes © 3W Academy

                                            TOP 5 : LES MÉTROPOLES LES PLUS INNOVANTES                                          

Les métropoles, créées à partir de 2014, ont gagné encore en responsabilité avec la loi NOTRe de 2015. La taille critique, en termes de population et de recherche, que ces acteurs ont acquise leur a permis de se spécialiser sur des thématiques, en s’appuyant sur une tradition d’innovation ou en créant une filière de toutes pièces. Ces acteurs sont désormais les vrais moteurs de l’innovation avec les régions.

Lyon mise sur sa tradition industrielle
Lyon, Confluence © Creative Commons - Paternité.

Lyon mise sur sa tradition industrielle

1Depuis quelques années, la discrète Métropole a décidé de se faire entendre. A travers sa politique de développement autour de la Smart City, une des trois filières prioritaires pour elle, Lyon a signé plusieurs partenariats qui l'ont rapidement fait émerger comme une des capitales européennes les plus actives sur le secteur. La Ville s’est notamment associée au Nedo, agence japonaise de soutien à l'innovation, pour développer le quartier de Confluence, quartier vert et connecté. La Métropole a décidé notamment de mettre les outils numériques au service de la transition énergétique. Plusieurs projets y sont menés, comme le projet Smart Electric Lyon ou Greenlys, test grandeur nature de gestion intelligente du réseau électrique. La Ville s’est également dotée d’un incubateur, baptisé TUBA, centré sur l’utilisation des données pour construire la ville de demain.
Le projet de Smart City porté par la Métropole lyonnaise ne doit pas cacher un fait : l’industrie est dans l’ADN de la Ville. La Métropole a ainsi placé la chimie verte comme une autre de ses filières d’avenir. Impliquée dans la transition énergétique, la Ville n’a pas voulu laisser s’éteindre son secteur du raffinage. Elle a organisé la reconversion de certaines activités des raffineries de Feyzin, au sud de Lyon, vers la chimie verte en créant la Vallée de la chimie. Dans le cadre de cette reconversion, le projet Gaya porté par plusieurs industriels vise à créer une plateforme de production de gaz vert à Saint- Fons, au nord de Feyzin, ainsi que plusieurs autres projets innovants portés par des acteurs comme Solvay, Total ou l’Ifpen. La Métropole peut aussi compter sur le pôle Axelera pour accompagner la transformation.
La Ville est aussi depuis longtemps un acteur important de la recherche médicale. Forte d’une expérience historique dans la recherche pharmaceutique, notamment, Lyon a voulu faire entrer cette industrie dans le XXIe siècle en plaçant les sciences de la vie au cœur de sa stratégie d’innovation. En s’appuyant sur le pôle de compétitivité Biopole, spécialisé sur les maladies infectieuses et deuxième CHU de France, la Ville a reconverti le quartier de Gerland en un Biodistrict dédié à la recherche santé. Elle s’est également dotée d’un cancéropôle (Clara), avec 3 200 scientifiques.
La Ville assume son choix de se spécialiser sur quelques thématiques. C’est pour elle le seul moyen de rester visible sur la scène de l’innovation, au niveau national et européen. « Notre caractéristique, c’est la spécialisation. C’est un élément différenciant en Europe, et ça permet d’atteindre une masse critique pour soutenir l’emploi et les entreprises », explique Jacques de Chilly, directeur général adjoint en charge de l’économie et de l’international de la Métropole.

 Projet en cours : 
Développement de la Vallée de la chimie

 Atouts : 
Héritage industriel dans la pétrochimie
Notoriété internationale

Grenoble veut devenir la capitale de la transition énergétique
STMicroelectronics, Grenoble. ©Guittet Pascal

Grenoble veut devenir la capitale de la transition énergétique

2 • Largement en tête des métropoles en nombre de brevets déposés, la ville de Grenoble doit cette place à l’importance historique qu'y occupe l’innovation. Classée 5e ville la plus innovante dans le monde par Forbes en 2013, la Métropole a construit sa stratégie d’innovation en s’appuyant d’abord sur ses atouts uniques en matière de micro-électronique. Elle abrite notamment Grenoble-INP ainsi que plusieurs laboratoires de recherche dont le CEA Leti, l’Inria, et des acteurs phares comme Atos, Soitec ou STMicroelectronics. Elle accueille également un des plus importants pôles de compétitivité de France, le pôle Minalogic, et a su donner naissance à des pépites comme la start-up Kalray. Si le secteur a cessé de croître en nombre, il continue d’innover. « Ces atouts technologiques se diffusent à tous les secteurs d’activité, des plus traditionnels à l’IoT », explique Joëlle Seux, directrice adjointe de l'Agence de développement économique de Grenoble-Isère.
L’intelligence de la Métropole a été de s’appuyer sur ces compétences historiques pour construire des passerelles avec d’autres secteurs économiques.
C’est dans la santé que le mariage avec le numérique a été le plus fécond, grâce à la présence historique de groupes comme Roche. Appuyée par le chef d’orchestre qu’a été le cluster Medic@lps, la Métropole a par exemple soutenu la construction du technopôle Tasda (Technopole Alpes Santé à domicile & autonomie), créé à l’initiative conjointe du CHU de Grenoble et du pôle Minalogic. La Métropole veut désormais apparaître  comme une « MedTech City » en Europe. Elle participe déjà au programme européen KIC « Vieillir en bonne santé et en restant actif » de l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT) Health. Elle porte actuellement deux nouveaux projets, le Centre de recherche en santé intégrative (CReSI) et la Cité des technologies médicales.
Elle est également en train d'étendre un nouvel axe de développement autour de la transition énergétique. « La création du Liten, en 2005, a accéléré l’innovation dans les nouvelles technologies de l’énergie », rappelle Joëlle Seux. La Métropole s’est également appuyée sur le pôle de compétitivité Tenerrdis, ainsi que le sur le pôle européen KIC Innoenergy, et a réussi à attirer des industriels majeurs sur son territoire autour de cette filière. Ainsi, Renault s’est associé il y a quelques années avec le CEA Liten sur des projets de stockage d’énergie puis sur l’hydrogène. Grenoble a par la suite porté le projet HyWay au sein de Tenerrdis, un projet de déploiement de véhicule hydrogène entre Grenoble et Lyon. Plus récemment, en début d’année, la Métropole a signé un pacte d’innovation métropolitain (PMI) centré autour de la transition énergétique. La Ville attend avec impatience que la Région achève la construction de l’Institut des smart grid, qui viendra se ranger aux côtés d’Air Liquide, le CEA, Alstom ou encore Schneider Electric, déjà présents sur le territoire.
La Métropole peut au final se féliciter d’être une référence en matière d’innovation au niveau européen, voire mondial. Malgré un foncier « contraint », selon la Métropole, Grenoble continue de faire fructifier ses compétences historiques en matière d’informatique.

 

 Projets en cours :  
Institut des smart grids
 Centre de recherche en santé intégrative (CReSI)

  Atouts :  
Ecosystème reconnu au niveau européen

 

Toulouse passe de l’aéronautique à la mobilité
Toulouse : nouvelle soufflerie aéroacoustique de l'Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace Isae-SupAero.© Agence Séquences (architectes)

Toulouse passe de l’aéronautique à la mobilité

3 • La Métropole n’est plus seulement la ville de l’aéronautique. Si le secteur continue de porter le territoire, elle a su diversifier ses secteurs d’excellence en s’inspirant parfois de ses compétences historiques. La force de la Métropole, c’est d’avoir su créer un écosystème partagé entre industriels, comme Airbus ou Thales, des formations d’excellence, autour de SupAero et l’Onera, et de start-up portées par les BizLabs. Avec l’IRT Saint-Exupéry et le pôle de compétitivité mondial Aerospace Valley comme lieu de collaboration. Avec déjà 25 % des emplois européens du secteur spatial, la Métropole devrait renforcer les capacités à innover du secteur avec l’inauguration, en 2018, du bâtiment B612, qui hébergera l’IRT, Aerospace Valley, la société ESSP en charge du GPS européen Egnos et un accélérateur de projets autour des données spatiales Hub Nova. Ce bâtiment devrait également aider à imposer Toulouse sur le secteur de la fabrication additive.
A l’instar de Grenoble, c’est à partir de cette ressource que la Métropole a essayé de soutenir d’autres filières. Ainsi, des ponts ont été construits avec le secteur de l’agriculture autour de la surveillance des cultures par satellites ou par drones avec le pôle local Agri Sud-Ouest Innovation.
L’autre grand secteur qui fait la renommée de la Métropole concerne la santé. L’acte fondateur a été le lancement de l’Oncopole, un vaste centre de recherche autour de la lutte contre le cancer conçu dès l’origine comme un cluster. Financé à hauteur de 1 milliard d’euros, le centre - réunissant à l’origine l’Inserm, le CNRS ou encore l'institut des technologies avancées en sciences du vivant (Itav) - a effectivement attiré quelques groupes pharmaceutiques, comme Pierre Fabre, et lancé une activité d’hébergement de start-up. Mais il n’attire pas autant d’entreprises qu’espéré, et il réfléchit depuis quelques années à diversifier les spécialités traitées. La Métropole s’est ainsi ouverte à d’autres secteurs de la santé comme le vieillissement ou les biotechnologies, avec l’appui du pôle Cancer-Bio-Santé et du Geronopole. Elle peut s’appuyer également sur le démonstrateur pré-industriel Toulouse White Biotechnology de l’Inra, qui développe des projets R&D des filières biologiques fondées sur le carbone renouvelable, et encourage désormais la création de start-up.
Enfin, la Métropole a décidé de soutenir le vaste secteur de la smart city. Si le budget de 500 millions d’euros pour la période 2015-2020 voté par elle a financé des projets dans l’open data et l’efficacité énergétique, un secteur en particulier a permis de poser les base d’une nouvelle filière, la mobilité intelligente.
Grâce à son vivier de centres de recherche majeurs comme le LAAS, spécialiste de l'automatisation, ou le cluster Automotech, la Métropole a réussi à attirer des géants de la recherche autour du véhicule autonome, comme l’américain Hyperloop TT et son projet de train du futur, ou l‘allemand Continental, acteur important du véhicule autonome. Elle peut également mettre en avant l’arrivée en 2016 de la start-up EasyMile, qui teste à Toulouse sa navette électrique intelligente, EZ10, ou Coovia, la start-up spécialiste du covoiturage court.

 Projet en cours 
Inauguration du centre B612 en 2018

 Atouts  
Ecosystème de R&D efficace

Lille déploie l’innovation sur tout son territoire
Centre européen des textiles innovants © Ceti

Lille déploie l’innovation sur tout son territoire

4 • La Métropole de Lille a entrepris de reconvertir son tissu économique et industriel en s’appuyant d’abord sur la construction de sites dédiés à l’innovation, appelés « sites d’excellence ». Ces lieux, créés sur le modèle des bâtiments Totem de la French Tech, sont dotés de tous les outils nécessaires à l’accompagnement de l’innovation. « Le plus abouti de ces sites est Eurasanté », explique Christophe Bolot, en charge du développement économique au sein de la Métropole. Le site d’excellence fut construit dans les années 2000, sur le site du CHRU, et a accueilli progressivement plusieurs acteurs de la recherche comme l’Institut Pasteur, le centre Oscar Lambret ou encore le pôle de compétitivité Nutrition Santé Longévité. Une place importante est également faite aux start-up, avec le bio-incubateur le soutien du Clubster santé, le club des entreprises de biosanté. « C’est sur ce site que sont par exemple développées la chambre d’hôpital du futur ou la chambre de maison de retraite du futur », continue Christophe Bolot.
Cette politique de construction de site d’excellence permet d’identifier clairement les filières prioritaires de la Métropole. Elle a ainsi été déclinée sur les deux autres filières d’avenir sélectionnées par Lille que sont le numérique et les matériaux. La Métropole a par ailleurs créé le site Euratechnologie à Lomme, spécialisé sur l’IOT et la cybersécurité et doté également des outils de soutien à l’innovation. Sur les matériaux, notamment sur le textile, la Métropole s’appuie sur les pôle de compétitivité UP-Tex, à Lille, et Matiken, à Villeneuve-d’Ascq. Elle s’est également dotée de plusieurs centres de recherche et de formation, comme le Centre européen des textiles innovants (Ceti), à Tourcoing.
Comme l’illustre le cas des matériaux, la particularité de Lille est de travailler en collaboration avec les villes voisines pour développer l’innovation. Cette bonne entente permet de répliquer le modèle des sites d’excellence spécialisés sur des thématiques tirées des trois filières stratégiques sur tout le territoire de la Métropole. Lille a ainsi soutenu l’installation du site Euralimentaire à Lomme, déclinaison d’Eurasanté mais sur les produis frais. Dans le numérique, c’est le site Pleine image qui a ouvert à Tourcoing, et l’incubateur Blanchemaille, dédié aux e-commerces, a été installé sur un ancien site de La Redoute, à Roubaix. Un bâtiment consacré aux agro-technologies devrait bientôt ouvrir dans un territoire rural. En tout, la Métropole est en train de se doter de sept écosystèmes tournés vers l’innovation.
La méthode est toujours la même : associer tous les acteurs de l’innovation, de la recherche aux acteurs économiques. « Sur le site de Pleine image, par exemple, on associe la R&D avec la proximité d’un Equipex porté par l’université de Lille consacré à la réalité augmentée et à la perception de l’image », explique Christophe Bolot.

 Projet en cours 
Candidat à l’Agence européenne du médicament
 IUT techniques de commercialisation prévu pour 2018

 Atouts  
 4 pôles de compétitivité Maillage territorial

Nantes mise sur les filières de niche
L'Institut de recherche et de santé de Nantes

Nantes mise sur les filières de niche

5 • La métropole de Nantes soutient une politique d’innovation tournée autour de la création de « niches » d’excellence. La croissance démographique rapide de la ville, ces dernières années, a permis à la Métropole de créer des quartiers nouveaux entièrement destinés à soutenir l’effort de recherche et d’innovation de ces filières. Le site Atlanpole est notamment la pièce angulaire de la ville, regroupant des pôles de compétitivité, un incubateur et des centres universitaires sur une grande diversité de thématiques.
La première filière ciblée par la Métropole concerne l’industrie du futur. Construit autour du pôle de compétitivité EMC2 et l’IRT Jules- Verne, la filière peut s’appuyer sur plusieurs grands noms de la recherche comme le CEA Tech ou le Cetim. Elle peut plus particulièrement s’appuyer sur des compétences de pointe dans le numérique, avec le Laboratoire des sciences du numérique de Nantes (LS2N) ou dans la mécanique, comme le GeM. En matière d’industrie, le pôle EMC2 compte notamment comme membres Airbus, Boeing, DCNS, Renault ou encore STX. Il devrait se doter d’un nouvel espace cette année, Ma Manufacture, de 1 000 m2, destiné à accueillir les acteurs du pôle EMC2. Et d’ici à 2020, Nantes, sous l’impulsion de l’IRT, va se doter d’une usine-école appelée Manufacturing Académie pour 12 millions d’euros, qui permettra de se former à l’impression 3D ou à la cobotique.
La deuxième niche est le secteur des biotechnologies tournées vers la santé. Le grand projet de Nantes est de rassembler le secteur des biotechnologies sur un même lieu, sur l’île de Nantes. Déjà, un hôtel d’entreprises dédié aux biotechnologies a été inauguré en 2016. Et en début d’année a été inauguré l'Institut de recherche et de santé (IRS), lieu destiné autant aux chercheurs qu’aux entreprises de biotechnologie. La Métropole bénéficie également de la présence d’une branche du pôle de compétitivité Atlanpole Biothérapie, qui regroupe les entreprises de biotechnologies des Régions Pays de la Loire, Bretagne et Centre. Surtout, avec l’arrivée à proximité d’un CHU prévue pour 2026, l’île devrait devenir le cœur du quartier de la santé de Nantes. Comme Lille, la Métropole a soutenu l’extension des activités de sa filière en dehors de son territoire. Déjà, le cluster Atlanpole Biotechnologie est présent sur plusieurs régions via les structures relais d’Angers Technopole, ID2Santé (Bretagne) et Polepharma (Centre). La filière sera également connectée au parc biotech de Laennec.
A ces axes structurants, il faut ajouter les innovations transversales autour des ressources marines. Ainsi, l'Atlanpole Blue Cluster, centre d’excellence d’innovation à vocation européenne autour de cette thématique, a été intégré au pôle Mer Bretagne Atlantique. Le technocampus Ocean, ouvert en 2015 sur 18 000 m2 à Bouguenais, au sein de la Métropole, est, lui, destiné à la recherche sur le secteur des énergies marines et de l’industrie navale. Il s’ajoute au technocampus du pôle EMC2 dédié aux matériaux composites.

 Projet en cours 
Manufacturing Académie prévue pour 2020
 Nouveau CHU en 2026

 Atouts 
Création d’un écosystème sur l’île de Nantes

                                                          LES AGGLOMÉRATIONS LES PLUS INNOVANTES                                                    

En s’appuyant sur leur héritage scientifique ou industriel, et en utilisant astucieusement les aides à l’innovation créées par l’Etat, une poignée de villes sont en train d’acquérir les outils nécessaires pour devenir des acteurs de poids en matière d’innovation et de recherche. "Innovation Review" a sélectionné cinq projets particulièrement ambitieux, reflets de l’ambition de ces agglomérations particulièrement dynamiques.

 


Centre de recherche en hadronthérapie Archade de Caen @Sogea

 

Caen : Le premier centre de recherche en hadronthérapie de France
En 2018, Caen va accueillir le troisième centre de radiothérapie par hadronthérapie de France. L’hadronthérapie, d’où découle la carbonthérapie et la protonthérapie, est une discipline qui permet de s’attaquer à des cellules cancéreuses en utilisant des faisceaux de particules, protons et ions carbone. A la différence de la radiothérapie avec des rayons X, cette méthode permet de mieux cibler les tumeurs et de réduire l’irradiation du corps. Le projet Archade, qui porte la création de ce centre de traitement, prévoit également l’ouverture d’ici à 2020 d’un centre de recherche sur l’hadronthérapie. La ville devrait ainsi se doter d’un accélérateur de particules afin de produire des ions carbone et des protons afin de développer la recherche sur le secteur. L’investissement total du projet atteint près de 80 millions d’euros.
Caen a bénéficié de son expérience dans la santé et les sciences nucléaires pour attirer ce projet. Outre la présence d’importants donneurs d’ordres du nucléaire en Normandie, comme Areva, la ville profite d’une concentration importante sur son plateau nord de centres de recherche. A côté du CHU ou de la plateforme de recherche Cycéron sur l’imagerie biomédicale, le plateau accueille notamment le Ganil, un des meilleurs centres de recherche en physique nucléaire du monde. L’objectif pour la Ville est de créer à terme une véritable filière santé à Caen grâce à ces atouts. « Nous espérons l’installation à Caen de la société IBA, la société belge qui va fournir les solutions de protonthérapie. Ce pourrait être la tête de pont d’une industrie de la santé », explique Dominique Goutte, vice-président délégué au développement économique, à la recherche et à l'enseignement supérieur.

• Budget : 80 millions d’euros
• Inauguration : 2018

 

Besançon : Un bâtiment pour la bio innovation
D’ici à 2018, la Ville de Besançon va se doter d’un nouveau bâtiment dédié aux biotechnologies. Intégré dans la technopole locale Temis, ce bâtiment de 3 500 m2 proposera, outre un lieu de conférences, la possibilité d’utiliser des imprimantes 3D et surtout des plateformes de biologie moléculaire et cellulaire afin de tester des dispositifs médicaux et des médicaments de thérapies innovantes. Ce lieu sera notamment destiné à la recherche translationnelle à destination de chercheurs, praticiens et industriels. Ce bâtiment va s’inscrire dans l’écosystème de Besançon dans la santé. Il sera notamment en contact avec les UFR Médecine-Pharmacie, le CHRU et le centre d’investigation clinique. Il s’agit d’une structure de recherche du CHRUB, et labélisé Inserm. Le Grand Besançon a déjà produit quelques belles réussites en technologies médicales, comme Miravas, qui a développé un dispositif de traitement des varices par vapeur d’eau en cabinet.
La création de ce bâtiment permet d’ajouter une corde à l’arc de l’innovation à Besançon. L’autre spécialité de la ville, c’est la microtechnique, grâce à son héritage économique dans l’horlogerie, la mécanique et le luxe. La ville est dotée d’une école nationale supérieure sur le sujet, ainsi que d’une université technologique, l’université de Belfort-Montbéliard. D’ailleurs, les deux disciplines sont de plus en plus interconnectées. Ainsi, le pôle de compétitivité Microtechniques situé à Besançon s’adresse désormais à une pluralité de marchés. A côté du militaire, le pôle a notamment identifié les technologies de santé comme marché d’avenir. C’est grâce à la réunion de ces atouts que le Grand Besançon a reçu le label thématique French Tech Medtech en 2015.

• Budget : 5 millions d’euros
• Inauguration : 2018

 

Orléans : Un campus dédié aux greentechs
La Ville veut se spécialiser sur l’économie de l’écologie. Pour cela, elle a entrepris la construction d’un campus dédié aux greentech, baptisé Agreen Tech Valley, sur laquelle la Métropole va concentrer ses ressources. La Ville va y construire plusieurs serres universitaires destinées à la formation et à la recherche afin de tester des technologies numériques appliquées au végétal, par exemple, comme des capteurs ou des robots. Le lieu comptera également un Centre de ressources et d'innovation en cultures spécialisées, horticoles et maraîchères, ainsi qu’un bâtiment d’entreprise, d’ici à 2018, destiné à accueillir des entreprises spécialisées. Le campus sera également en lien avec les acteurs de la recherche sur les technologies vertes installés historiquement dans la région, avec notamment le CNRS, l’Inra et le BRGM, ainsi que les pôles de compétitivité sur la question - Dream, consacré à la ressource eau, Céréales Vallée et Vegepolys. La construction devrait s’étendre jusqu’en 2020, pour un budget de près de 10 millions d’euros.
Pour asseoir le rôle d’Orléans sur le secteur des greentech, la ville a une botte secrète : l’ensemble des données environnementales du gouvernement. C’est à Orléans qu’elles sont gérées, au sein d’un data center géré par le ministère de l’Environnement. Ce dernier a ainsi décidé de créer un nouvel incubateur afin de permettre à des start-up d’exploiter ces données. Les applications sont très nombreuses, et iront de la prévision des inondations à des conseils d’aménagement du territoire.

• Budget : 10 millions d’euros
• Inauguration : 2020

 

Clermont-Ferrand : Un centre de recherche européen sur l’agriculture de demain
Clermont-Ferrand va se doter cette année d’un centre de recherche de rang européen sur les agroéquipements et l’agriculture numérique baptisé AgroTechnoPole. Ce projet lancé l’année dernière doit associer plusieurs acteurs de la recherche présents en Auvergne, comme l’Irstea, VetAgroSup ou le pôle de compétitivité ViaMéca, avec des groupes industriels comme Limagrain et des PME comme Effidence. Il permettra d’agréger de multiples compétences du territoire sur la mobilité, la robotique, la sécurité ou encore le numérique. Le laboratoire, spécialiste de la modélisation Limos ou le Labex IMobS3 dédié à la mobilité sont d’ailleurs partenaires d'AgroTechnoPole. Le projet de 5 millions d’euros comptera aussi une plateforme d’innovation baptisée Prinsyp (Production et intégration de systèmes intelligents et performants), destinée notamment à tester des robots agricoles, et d’un AgroTechnoCampus pour se former aux technologies de l’agriculture.
La capitale de l’Auvergne, qui deviendra une métropole en 2018, est un acteur majeur de la recherche dans l’agriculture et l’élevage, avec des industriels de rang mondial comme Limagrain, des centres de recherche majeurs comme l’Inra, l’Aria ou Céréales Vallées, et quelques belles pépites comme la biotech Biogemma. La Métropole va pouvoir mettre en musique tous ses atouts sur le secteur grâce à l’obtention en début d’année d’un I-site pour son projet CAP 20-25, où le soutien à l’agriculture tient une place importante. L’I-site permettra à Clermont-Ferrand de se doter d’un living lab agricole, le « laboratoire d’innovation territorial LIT pour les grandes cultures en Auvergne ». La Métropole soutiendra également les start-up dans l’agriculture. En début d’année, l’accélérateur clermontois Le Bivouac a organisé un appel à projet autour de l’agriculture.

• Budget : 5 millions d’euros
• Inauguration : 2017

 

Saint-étienne : Un nouveau centre pour l’innovation dans le design
L’obtention du label French Tech Design par la Ville de Saint-Etienne a libéré les énergies. La Ville est en train de construire un écosystème dense autour de cette compétence reconnue. Saint-Etienne s’appuiera sur Telecom Saint-Etienne, l’Ecole Art et Design, l’Institut d'optique ou encore la plateforme de hautes technologies autour des médias du futur (Iram). Alors que la Ville va se doter d’un hôtel d’entreprise baptisé Grande usine, Saint-Etienne va s’équiper également en 2018 d’un nouveau Centre des savoirs et de l’innovation. Le bâtiment sera notamment chargé de faire le pont entre la recherche et l’entreprise. Pour ce faire, il abritera notamment un incubateur et un hôtel à projets équipés de plusieurs plateformes, ainsi qu’un pôle de formation dédié à la physique et à l’informatique. Le tout sur une surface totale de 5 000 m2.
L’objectif global de la Ville est de redynamiser ses pôles de compétences historiques, en optique, ingénierie des procédés et santé, et en insufflant un vent d’innovation dans le design et le numérique associés. Le projet de Centre d’innovation s’inscrit dans une politique de redéploiement des sites de l’université Jean-Monnet autour de cinq nouveaux sites, chacun étant spécialisé sur une thématique. Le Centre des savoirs et de l’innovation rejoindra le nouveau Campus Manufacture-Plaine Achille, destiné aux sciences, à l’ingénierie et à l’innovation et situé sur le site qu'occupait l'ancienne Manufacture d’armes.

• Budget : 14 millions d'euros
• Inauguration : 2018

Florent Detroy

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