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Novembre 2017

Les Hauts-de-France se mobilisent en faveur de la recherche

[Article du 27/11/2017]

Fief de l’industrie textile et métallurgique, le territoire a entamé depuis plusieurs années sa reconversion. En matière de recherche et d’innovation, la santé et le numérique sont les figures de proue des Hauts-de-France. Tous secteurs confondus, la Région souhaite valoriser davantage la recherche et attirer les meilleurs chercheurs.


Parmi les secteurs qui se distinguent par leur dynamisme en matière de R&D, la santé. Ici, le bio-incubateur d’Eurasanté.

Depuis le 20 novembre et jusqu’au 10 décembre se tiennent les Rencontres de la recherche et de l’innovation en Hauts-de-France. Au cours de cet événement, les acteurs du territoire (établissements de formation, pôles de compétitivité…) se mobilisent pour accompagner des entrepreneurs régionaux dans le développement de leurs projets innovants.
Cette manifestation fait partie des nombreuses actions lancées par la Région pour dynamiser la recherche et l’innovation sur le territoire. En matière de R&D, la Région peut compter sur ses neuf universités, trente grandes écoles et dix organismes de recherche, ce qui la place en quatrième position en matière d’enseignement supérieur. Néanmoins, l’effort de recherche de la Région en 2016 - 1,1 %, soit la moitié du taux national - est le taux le plus faible de ses homologues métropolitaines, selon l’Insee. Un constat qui a incité la Région à se mobiliser davantage.
Parmi les secteurs qui se distinguent par leur dynamisme en matière de R&D, la santé. « Dans la filière pharma-biotech-nutrition, la Région se distingue dans plusieurs domaines d’excellence : la production et la sous-traitance pharmaceutiques, avec la présence de grands laboratoires comme Sanofi, et la nutrition, avec des centres de recherche d’excellence comme l’Inra ou l’Ifremer », indique Déborah André, responsable du bio-incubateur et de la valorisation de la recherche au sein du pôle Eurasanté.
La Région se distingue notamment en matière de recherche sur le diabète. Elle abrite l’Institut européen de génomique du diabète (Egid), seul institut français dédié spécifiquement au diabète et à ses complications. Cet organisme a obtenu en 2011 le label de laboratoire d’excellence (Labex). En juin dernier, le nouveau bâtiment dédié à l’Egid, financé en partie par la Région, a été inauguré au sein du CHRU de Lille. Uniques en France, des machines de séquençage du génome humain permettent de personnaliser les traitements.

Le pari sur l’industrie numérique
Mais le territoire mise principalement sur l’essor de son industrie numérique. En ce domaine, la R&D est cruciale. S’appuyant sur des acteurs comme OVH et son pôle emblématique EuraTechnologies, les Hauts-de-France souhaitent notamment devenir un hub incontournable dans le domaine de la cybersécurité. C’est ainsi que Xavier Bertrand, lors du Forum international de la cybersécurité qui s’est tenu en ce début d’année à Lille, a annoncé la relance du cluster « cybersécurité » hébergé par EuraTechnologies et le projet de lancement d’un hackathon. « L’idée est de réunir des développeurs pour faire émerger des projets dans le domaine de la sécurité et de la confiance numérique sur les thèmes, par exemple, de la voiture connectée, de la santé ou de la mobilité intelligente », a déclaré le président du Conseil régional. Par ailleurs, en mars a été inauguré l’« Intelligence Campus » sur l’ancienne base de Creil. Sur ce lieu – fait inédit –, la Direction du renseignement militaire (DRM) s’ouvre à des instituts de recherche, des organismes de formation et des entreprises afin de développer des solutions innovantes dans le domaine du renseignement militaire.


A Valenciennes, la Serre numérique met en réseau ingénieurs, chercheurs et entreprises afin de valoriser la recherche et développer des solutions innovantes.© Anne-Sophie Flament-0036

Faire sortir la recherche hors des murs
Au demeurant, les Hauts-de-France se mobilisent pour faire sortir la recherche hors des murs des laboratoires. La Région s’est fortement impliquée dans l’émergence de nouveau lieux mettant en réseau ingénieurs, chercheurs et entreprises afin de valoriser la recherche et développer des solutions innovantes. Parmi eux, la Serre numérique à Valenciennes, inauguré en 2015 sur l’ancien site de Vallourec. Il cohabite sur le lieu, entièrement consacré à la création numérique et aux métiers de l’image, avec des écoles, des laboratoires dotés d’équipements de pointe, une pépinière d’entreprises et un centre de recherche. L’innovation s’y déploie tous azimuts et attire déjà tous les regards : le porte-manteau anti-poux, une solution originale conçue par le studio de produit design industriel DB Innovative, s’est déjà vu distinguer par le Label de l’Observeur du design 2016.
Toutes filières confondues, la valorisation de la recherche fait d’ailleurs partie des axes stratégiques développés pour stimuler l’innovation. Mis en place cet été, l’appel à projets « Start-AIRR » vise à accompagner des projets de recherche académique non aboutis et néanmoins prometteurs. Pour attirer les meilleurs talents, la Région a aussi mis en place un dispositif baptisé STaRS (pour « soutien à l’accueil de talents de la recherche scientifique »), qui offre la possibilité à des jeunes chercheurs du monde entier d’obtenir à des conditions attractives un poste au sein d’un laboratoire de recherche des Hauts-de-France. La Région prend en partie en charge une bonne partie des coûts.
Autre aide inédite mise en place il y a quelques mois : le dispositif « Primer », qui vise à faire rayonner des recherches menées en Hauts-de-France en incitant à la création de prix, de manifestations scientifiques, de publications… consacrés à des travaux R&D menés dans la région. Une manière originale d’inciter à la valorisation de la recherche dans les Hauts-de-France.

Le Centre européen des textiles innovants  (Ceti)
Le CETI offre aux entreprises textiles des solutions de recherche et de prototypage ®JMA

Le Centre européen des textiles innovants (Ceti)

Faire des Hauts-de-France un pôle d’excellence de l’industrie textile : telle est l’ambition qui a présidé à la création en 2012 du Centre européen des textiles innovants (Ceti). Projet structurant du pôle de compétitivité UP-tex, le centre offre aux entreprises textiles des solutions de recherche et de prototypage pour qu’elles puissent tester des produits innovants et passer de la recherche au produit.
Vecteur de la renaissance de l’industrie textile traditionnelle en France, le marché des textiles innovants est promis à un bel avenir. « Les textiles techniques sont utilisés par exemple pour des équipements sportifs, ou encore pour alléger les structures dans l’automobile et l’aéronautique, explique Marie-Pierre Chapuis, responsable marketing opérationnel au Ceti. On utilise également des textiles techniques dans les secteurs de l’hygiène et du médical, par exemple pour séparer les globules rouges et blancs. »
Disposant de machines à la pointe des dernières technologies, le Ceti possède notamment une des cinq plateformes de filage trois composants existant dans le monde. Les entreprises peuvent également bénéficier d’une assistance technique et de prestations de conseil. Le Ceti rassemble notamment la grappe d’entreprises Clubtex, l’incubateur Innotex (seul incubateur de projets innovants textiles en France), ainsi que les délégations régionales de l’Institut français textile-habillement (IFTH) et de l’Union des industries textiles (UIT).
Parmi les projets portés par le centre, « Rewind », dédié à l’économie circulaire. Démarré en septembre dernier, ce projet vise à élaborer un fil en coton recyclé à 100 %. En plus de permettre la réutilisation d’articles textiles en coton en fin de vie, « l’objectif est de trouver des ressources sur notre territoire sans avoir à utiliser du coton fabriqué en Asie », explique Marie-Pierre Chapuis. Mené en partenariat avec Decathlon, TDV, Laroche et l’Institut catholique d’arts et métiers (Icam), le projet doit aboutir au développement d’une collection à base de fibres de coton 100 % recyclées chez Decathlon.

Pôle MEDEE

Implanté à Lille, le pôle MEDEE (pour « maîtrise énergétique des entraînements électriques ») fédère entreprises et laboratoires de recherche autour de projets de R&D collaboratifs dans le domaine du génie électrique. Le pôle offre des plateformes technologiques de pointe dans les domaines de la modélisation et la simulation de réseaux, ainsi que des bancs machines de grande puissance. Des acteurs comme Alstom et Schneider Electric figurent parmi ses membres. Le pôle a notamment porté la mise en place d’une plateforme d’innovation pour les réseaux intelligents de transport d’électricité, baptisée « Powergrid Campus Lille » et labellisée en 2015 dans le cadre du plan « réseaux électriques intelligents » de la Nouvelle France industrielle. MEDEE soutient aussi le projet de mise au point d’un convertisseur d’énergie intégré intelligent (CE2I), porté entre autres par le Laboratoire d’électrotechnique et d’électronique de puissance de Lille (L2EP). Ce projet doit permettre de développer une nouvelle génération de convertisseurs d’énergie électriques fiables, intégrés et éco-efficaces.

Pôle Industries et Agro-Ressources (IAR)
Le pôle Industries et Agro-Ressources associe plus de 200 membres autour de projets collaboratifs consacrés aux agro-ressources. © iar

Pôle Industries et Agro-Ressources (IAR)

» A cheval sur deux territoires, la Picardie et la Champagne-Ardenne, le pôle Industries et Agro-Ressources associe plus de deux cents partenaires industriels, institutionnels et académiques autour de projets collaboratifs consacrés aux agro-ressources (agromatériaux, développement de biomolécules, biocarburants…). Le pôle assure notamment l’animation du consortium d’industriels
« Protéines France », qui a pour ambition de structurer cette filière et de positionner la France comme un leader mondial en la matière. Parmi les projets initiés, la mise en place d’un réseau de sites démonstrateurs dédiés aux agro-ressources en Picardie à l’horizon 2020. L’objectif est d’accompagner la mise en place des filières de la bioéconomie sur les territoires, en testant en conditions réelles toutes les étapes (implantation de cultures chez les agriculteurs, récolte, stockage…) afin de trouver des solutions aux problématiques rencontrées par les intervenants. Le projet regroupe seize partenaires, parmi lesquels l’Inra et la coopérative agricole linière Calira. Depuis sa création, en 2005, le pôle IAR a labellisé plus de cent projets innovants pour un montant total de plus de 1 milliard d’euros.

Catherine Quignon

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