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Octobre 2017

La défense présente les innovations de son « incubateur »

[Article du 06/10/2017]

La défense joue un rôle important dans l’innovation. Le 5 octobre, le ministère a organisé une exposition des principales innovations que son concours interne autour de l’innovation a permis de développer.

Emmanuel Macron compte sur la défense pour participer à l’effort d’innovation en France. Récemment, il a annoncé vouloir créer une agence européenne de l’innovation sur le modèle de la Darpa, la Defense Advanced Research Projects Agency (Agence pour les projets de recherche avancée de défense), aux Etats-Unis. Plus tôt dans l’année, la ministre des Armées, Florence Parly, avait annoncé la création d’un fonds de 50 millions d’euros géré par la DGA et BPI France pour investir dans les PME et ETI « stratégiques ». Il sera opérationnel d’ici à la fin de l’année. L’exposition du 5 octobre a été l’occasion de découvrir concrètement quelques innovations soutenues par le ministère de la Défense dans le cadre de son programme MIP (Mission pour le développement de l’innovation participative).

Le MIP est un concours interne pour lequel les employés du ministère et de la gendarmerie peuvent proposer une innovation. Le programme accorde ensuite une aide financière, de l’ordre de 30 000 € en moyenne, pour monter une POC. « Nous sommes un peu comme un incubateur, nous apportons une aide financière, technique, juridique à ces innovateurs », explique Pierre Schanne, chef de la Mission innovation participative au sein du ministère de la Défense. Chaque année, ce programme d’innovation permet de sélectionner de 40 à 50 projets. En trente ans, près de 1 400 projets ont été accompagnés, et près de la moitié ont abouti. Lors de l’exposition, ces innovateurs, qui ont souvent commencé à développer leur idée dans leur garage avant de la présenter à la MIP, ont pu exposer leur premier prototype.

Oracle : le caisson de secours

Oracle : le caisson de secours

Jean-Michel, médecin militaire (les titres ont été volontairement simplifiés), a créé une unité mobile multiplace d’oxygénation hyperbare. Ce caisson hyperbare est destiné à aider les secouristes à transporter des plongeurs, deux plus le secouriste au maximum, lors d’accidents de décompression survenus lors d’opérations sous-marines. L’enceinte pressurisée aide à ramener plus vite le plongeur à la surface, car l’innovation d’Oracle, c’est sa taille. Le caisson est dix fois moins volumineux que ceux utilisés actuellement. Jean-Michel a remplacé la structure métallique par une structure hybride plus souple. En prime, l’apport de la pression est assuré par une petite bouteille de gaz, plus petite que les équipements existants. Le coût de production est ainsi considérablement réduit.
Oracle est en voie d’industrialisation alors que son inventeur travaille avec la société TechPlus, spécialiste des technologies hyperbares. « Il peut être utilisé pour des applications en plongée, dans le creusement de tunnels de métro par exemple », explique Jean-Michel. Il peut également être utilisé pour de la plongée de loisir.

MOPS : le fitness en opération

MOPS : le fitness en opération

MOPS est un module de sport projetable. Son fondateur, Raphael, adjudant, a imaginé un portique facilement transportable afin de permettre à des soldats en opérations de réaliser des exercices de fitness n’importe où. « C’est important de se changer les idées en opération », explique Raphael. Placé dans une malle montée sur roues, il s’installe en dix minutes. « Nous avons déjà testé un prototype avec les soldats de l’opération Sentinelle lorsqu’elles étaient sur la base de Cholet, explique Raphael. Ils nous ont dit que l’installation était trop légère. » Pour cette deuxième version, l’équipe a remplacé l’aluminium par de l’acier. Elle a reçu 15 000 € de la part de MIP.
Prochaine étape : étendre l’utilisation de MOPS dans l’armée. « Je compte sur les commissions de généralisation [réunion des trois armées autour des technologies d’avenir, NDLR] pour promouvoir cet équipement à d’autres armées. » Mais l’équipe est déjà bien avancée sur la voie de la commercialisation, puisqu’elle a reçu une bourse French Tech de 26 000 €.

Une balise de sécurité pour la plongée sous-marine

Une balise de sécurité pour la plongée sous-marine

A la suite d’un drame survenu lors d’un entraînement en 1993, Stéphane, maître principal, a développé une bouée destinée à alerter plus facilement les secours lors d’un accident en plongée. Le dispositif s’attache au bras avec du scratch. En cas de problème, le plongeur libère la bouée. Celle-ci remonte à la surface en émettant un signal lumineux et sonore. « Aujourd’hui, lorsqu’il y a un accident, un autre plongeur est obligé de remonter à la surface pour alerter les secours, et il n’est pas facile de retrouver le plongeur blessé », explique Stéphane. Grâce à la bouée, les secours peuvent intervenir rapidement en suivant le filin de 50 mètres qui la relie au plongeur.
Son fondateur a développé son idée de bouée « dans son coin » en fabriquant un premier prototype en PVC. Il a reçu 5 000 € du MIP pour un premier prototype. L’équipe travaille déjà avec la société Asap, créée par un ancien commando-marine, pour le commercialiser.

Aptice : rester actif dans un sous-marin

Aptice : rester actif dans un sous-marin


Suite à un appel à projet de la Nasa sur les besoins des astronautes pour une mission de trois ans sur Mars, un médecin imagine des exercices avec un vélo et un casque de réalité virtuelle. La proposition est rejetée, et l’équipe réoriente sa technologie à destination des soldats. Elle vise en particulier les militaires actifs dans des environnements confinés, comme les sous-mariniers, où les cas de dépressions saisonnières sont fréquents. « Nous travaillions au début sur la méditation, puis nous sommes passés au sport », explique l’équipe de l’Irba (Institut de recherche biomédical des armées. Elle développe une première version d’un jeu de réalité virtuelle avec le studio Gamit, puis ajoute du son et des exercices de contre-la-montre à la demande des utilisateurs. « Ces exercices permettent d’améliorer l’humeur. » Le projet a reçu 36 000 € cette année du MIP, après 54 000 € pour sa première version en 2016.
Un premier test à bord d’un sous-marin lanceur d’alerte (SNLE) devrait être effectué prochainement. L’équipe pense déjà que sa technologie pourrait être utilisée pour des exercices de rééducation de sportifs ou de blessés.

 Un effort de recherche maintenu 
L’effort de recherche, désigné désormais sous le terme d’« innovation » par le ministère de la Défense, est maintenu dans le projet de loi de finance 2018. Le budget innovation du ministère est de 4,67 milliards d’euros, sur un budget total de 34,2 milliards. Il était de 4,9 milliards en 2017. Le montant consacré aux études amont reste inchangé, à 0,72 million d’euros.

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