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Septembre 2017

L’ERC, un outil essentiel dans le financement de la recherche fondamentale

[Article du 13/09/2017]

Le 6 septembre, le European Research Council (ERC) dirigé par le professeur français Jean-Pierre Bourguignon a publié la liste des lauréats de Starting Grant, son programme de bourses à destination des jeunes chercheurs européens en recherche fondamentale. En tout, 605 millions d’euros ont été distribués à 406 chercheurs. Ils étaient issus de 48 nationalités et de 23 pays. A noter que près de 40 % de ces bourses ont été attribuées à des femmes, le taux le plus élevé depuis la création du programme.

Partie prenante du programme Horizon 2020 de l’Union européenne, le programme a récompensé autant des projets sur la physique que sur l’ingénierie, les sciences de la vie ou les sciences sociales. La France arrive deuxième en termes de nombres de bourses attribuées, avec 48 lauréats, derrière l’Allemagne qui en concentre 65.

Nous avons demandé à trois lauréats français de nous expliquer ce qui les a poussés à poser leur candidature à Starting Grant.

Sophie Carenco - Université Pierre-et-Marie-Curie

Sophie Carenco - Université Pierre-et-Marie-Curie

Projet NanoFLP : projet de création d’un dispositif chimique basse température, sous forme de pince moléculaire, destiné à casser puis valoriser des molécules comme le CO2.

« Le problème, pour un jeune chercheur, c’est la question du temps. Beaucoup d’agences de financement proposent des financements à court terme, qui ne correspondent pas au temps du projet, ce qui rend mon métier difficile. La recherche fondamentale est une recherche sur le temps long. Les financements accordés par l’ERC vont jusqu’à cinq ans. Avec ce financement, je n’ai plus à faire cette gymnastique pour recruter des doctorants via des appels à projets différents. Je ne vais pas forcément avoir plus d’argent que ces dernières années, mais je peux recruter quatre doctorants pour les cinq ans à venir. »

 

Lionel Rousseau – ESIEE Paris

Lionel Rousseau – ESIEE Paris

Projet Neurodiam : projet de création d’implants corticaux en diamant de synthèse pour la réhabilitation fonctionnelle.

« L’intérêt de l’ERC, c’est de financer des projets du rupture, naturellement plus risqués, et sur cinq ans. J’ai déjà mené des projets sur trois ans de l’ANR, où le financement ne permet pas d’aller au bout de ses idées, ce qui frustrant. Le chercheur se retrouve alors dans ce que l’on appelle la “Death Valley“, lorsqu’on est encore loin de pouvoir commercialiser notre recherche. Avec l’ERC, les projets durent cinq ans, et la bourse est attribuée directement au porteur du projet. Il décide ainsi comment il va allouer sa bourse. Elle permet également de financer des projets plus gros, puisque la bourse va jusqu’à 1,5 million d’euros. »

 

Antoine Coulon – CNRS

Antoine Coulon – CNRS

Projet 4D-GenEx : projet utilisant des techniques de microscopie avancées pour comprendre comment le génome est organisé dans le noyau des cellules vivantes.

« Quand on est un chercheur junior, un des avantages est que nous avons de multiples possibilités pour financer nos recherches, ce qui devient plus difficile après cinq ou six ans. En France, il y a notamment l’Atip-Avenir (CNRS-Inserm) ou l’ANR. Mais avec l’ERC, il y a un saut quantitatif. Avec cette bourse, nous allons pouvoir réaliser des projets de plus grande envergure et prendre d’avantage de risques. Un autre avantage de l’ERC, c’est que ce programme finance la recherche fondamentale, sans exigence d’applications à court terme. En France, si l’Atip-Avenir finance des projets de recherche fondamentale, l’ANR part de plus en plus vers des projets de recherche appliquée, ce que je trouve dommage. »

 

Florent Detroy

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