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Filières et pôles d’excellence - Auvergne-Rhône-Alpes

[Article du 15/06/2017]

Riche d’un tissu industriel dense et de nombreux organismes de recherche, la région Auvergne-Rhône-Alpes se caractérise également par le dynamisme de son soutien au numérique. Alors que les nouveaux contours administratifs ont ajouté plusieurs filières d’excellence au territoire, la région a désormais toutes les cartes en main pour devenir un pôle de croissance et d’innovation majeur en Europe.

Filières et pôles d’excellence - Auvergne-Rhône-Alpes

Filières et pôles d’excellence - Auvergne-Rhône-Alpes

Photo : La Plastics Vallée à Oyonnax, où se situe le pôle Plastipolis.


Première région industrielle de France en termes de volume d’emplois, deuxième en matière d’exportations, la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes a su prendre sans tarder le virage de la transition économique. Si les industries traditionnelles pèsent lourd dans l’économie du nouveau territoire, leur poids n’est cependant pas le même dans les deux anciennes régions. L’agroalimentaire, la métallurgie et la filière caoutchouc-plastique constituent le socle de l’industrie auvergnate, avec comme figure de proue le groupe Michelin, implanté à Clermont-Ferrand. Si la tradition métallurgique est aussi forte en Rhône-Alpes, son économie repose davantage sur  les équipements mécaniques et électroniques (avec notamment les groupes STMicroelectronics et Schneider Electric, présents à Grenoble), la chimie ou encore l’industrie pharmaceutique : Sanofi et Boiron, entre autres, sont solidement implantés dans l’agglomération lyonnaise.

Tradition et innovation
Si la région bénéficie d’une longue tradition industrielle, elle se caractérise également par un dynamisme certain en matière d’innovation. Deuxième région française en matière de création d’entreprises innovantes, Auvergne-Rhône-Alpes a développé un écosystème particulièrement favorable, abritant des centres de recherche majeurs au plan national (CERN, CEA, CNRS…), une douzaine de pôles de compétitivité et pas moins d’une vingtaine de clusters. Au demeurant, la région occupe le deuxième rang français pour le nombre de brevets déposés.
Son solide socle industriel a permis l’émergence de plusieurs filières d’avenir, dans des domaines aussi divers que l’industrie du futur, le numérique, la santé ou les transports intelligents. Leur développement est d’ailleurs au cœur du plan d’action défini par le nouveau SRDEII, adopté  fin décembre.
La nouvelle région entend faire de sa taille un atout. Plusieurs actions ont déjà été engagées en Auvergne-Rhône-Alpes pour anticiper la fusion des deux territoires et mettre sur pied des filières d’excellence régionales d’envergure européenne, voire mondiale. Le pôle de compétitivité de Haute-Savoie Mont-Blanc Industries a signé dès 2015 une alliance stratégique avec le cluster Auvergne Efficience industrielle, suivie par un rapprochement avec le pôle Plastipolis. La même année a vu naître le rapprochement entre les clusters aéronautiques Avia et Aerospace. Dans le domaine du numérique, la fusion des clusters Auvergne TIC et Numélink en 2016, en faisant le plus grand cluster numérique de France, a préludé au rapprochement avec le Clust’R Numérique, situé en Rhône-Alpes. Objectif : fédérer dans une seule et même structure plus de 600 entreprises régionales du numérique. « Mon objectif est d’imposer Auvergne-Rhône-Alpes comme la région européenne sur le digital », a déclaré le président de la région, Laurent Wauquiez, à l’issue du séminaire préparant la fusion en septembre 2016.

Deux points forts : l’industrie et le numérique
De fait, Auvergne-Rhône-Alpes entend devenir une région leader en Europe en misant sur ses deux points forts : l’industrie, mais aussi le numérique. En plus de ses multiples labellisations French Tech - Clermont-Ferrand sur la mobilité, Saint-Etienne sur le design -, le territoire dispose de nombreuses compétences dans ce domaine. « Il y a un écosystème d’accompagnement très riche, avec plusieurs pôles et clusters dédiés au numérique », indique David Gal-Regniez directeur d’Imaginove. Implanté en Auvergne-Rhône-Alpes, ce pôle de compétitivité dédié à la filière du numérique soutient notamment l’Equipex Kivovis, qui permet de capturer et de modéliser en 4D des formes en mouvement de façon très précise. Cet équipement a d’ailleurs été sélectionné dans le cadre du programme Investissements d’avenir.
Le travail en commun et la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la filière constituent l’autre point fort de la région. Labellisé pôle de compétitivité mondial en 2005, Minalogic, dédié aux technologies du numérique, est très actif en matière d’accompagnement des entreprises : pas moins de onze projets soutenus par le pôle ont été sélectionnés dans le cadre du 23e appel à projets du Fonds d’investissement d’avenir (FUI), dont les résultats ont été révélés en mars. Minalogic est d’ailleurs le pôle ayant remporté le plus grand nombre de projets sur cet appel. « Il y a une logique de coopération bien ancrée dans la région entre les entreprises, les centres de recherche et les établissements d’enseignement supérieur, fait valoir Isabelle Guillaume, directrice générale de Minalogic. C’est d’ailleurs l’un des rôles de Minalogic ; nous menons beaucoup d’actions pour rapprocher l’ensemble des acteurs de la filière. »
Le pôle organise notamment des journées « open innovation », au cours desquelles des rencontres ciblées sont programmées entre des grands groupes et des PME innovantes, et pilote des actions comme le programme Easytech, qui vise à mettre en relation des PME traditionnelles avec les laboratoires de la région afin qu’elles intègrent les technologies numériques. En trois ans, ce sont plus de cent cinquante entreprises qui ont été ainsi accompagnées.
La région est aussi à la pointe en matière d’accompagnement des entreprises à l’international. « On envoie des délégations sur des évènements comme le CES à Las Vegas », fait valoir Isabelle Guillaume. Parmi les dix-neuf sociétés françaises retenues aux CES Innovation Awards 2016, six entreprises de la délégation régionale ont d’ailleurs été primées.

A la pointe en matière de transition énergétique
Autre filière clé sur laquelle la région mise fortement, celle de l’énergie. Première région énergétique française, comptant quatre centrales nucléaires, Auvergne-Rhône-Alpes est aussi la première région de production d’énergie renouvelable, grâce à l’importance des aménagements hydroélectriques. « Elle figure au premier rang européen dans ce domaine », souligne Catherine Candela, déléguée générale de Tenerrdis. Dédié à l’innovation dans les domaines de l’énergie et du développement durable, ce pôle grenoblois est le seul pôle de compétitivité français qui couvre l’ensemble des filières des énergies renouvelables.
Pour répondre aux problématiques liées à la transition énergétique, la région s’est aussi positionnée sur les transports intelligents. Forte d’un tissu industriel accueillant des acteurs majeurs en ce domaine, comme Michelin, Renault Trucks…, elle abrite notamment le seul cluster en Europe centré sur le transport de personnes et de marchandises, le pôle rhônalpin LUTB-RAAC.  
Parmi les projets-phares soutenus par ce pôle, Transpolis, une plateforme d’expérimentation unique en son genre. Le projet, qui devrait aboutir en 2018, consiste à déployer une « ville-laboratoire » dans l’Ain sur près de 70 hectares afin de donner la possibilité aux fabricants de tester leurs innovations en situation réelle : par exemple, des arrêts de bus avec captage d’électricité.
Au carrefour de plusieurs problématiques, la filière énergétique mobilise souvent plusieurs pôles autour d’un même projet. C’est ainsi que Tenerrdis soutient, aux côtés de Minalogic le projet Smart Hydro Monitoring, un système multi-capteurs permettant de mesurer le débit des conduites d’eau dans les ouvrages hydrauliques afin d’optimiser leur fonctionnement. Un exemple de collaboration entre deux pôles qui est loin d’être un cas isolé en Auvergne-Rhône-Alpes. « Nos projets sont souvent au carrefour de la transition énergétique et digitale, et donc colabellisés », souligne la déléguée générale de Tenerrdis. Une tradition de collaboration bien ancrée dans l’ADN de la nouvelle région, qui constitue un atout de poids dans le contexte de la fusion des deux territoires.

Catherine Quignon

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