Logo Innovation Review

Mon compte

Se connecter

www.innovationreview.eu

TOP 20 des innovations made in France

[Article du 01/03/2017]

La France est reconnue pour l’excellence de sa recherche dans le monde entier, mais trop peu souvent pour la qualité de ses innovations. Nous en avons sélectionné vingt, développées en France en 2016, qui sont pour nous en mesure de marquer une rupture sur leur marché. Outre leur spécificité « made in France », nous avons retenu comme critères de sélection la qualité de chacune d’elles, les compétences des équipes, ainsi que la capacité de l’innovation à s’exporter. Texte :

TOP 20 des innovations made in France

TOP 20 des innovations made in France

Consommation

❚ 1•Des verres optiques qui freinent la DMLA
Le verrier Essilor a mis au point un verre destiné à protéger les yeux des porteurs de lunettes. Le groupe a travaillé plusieurs années avec l’Institut de la vision pour identifier les causes de la mortalité des cellules rétiniennes et de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) qui s’ensuit. Ils identifient la lumière bleu-violet nocive. La lutte contre la mortalité est d’autant plus importante que les écrans et l’éclairage par LED blanches froids produisent également une lumière proche de la lumière bleu-violet. Essilor a ainsi mis au point un verre baptisé Eye Protect System (EPS), qui intègre des molécules capables de filtrer la lumière bleu-violet. Il revendique une baisse de 25 % de la mortalité des cellules. Cette innovation est le fruit de la recherche interne du groupe menée dans son laboratoire lyonnais de Vaulx-en-Velin.

❚ 2• Un robot qui crée des vêtements sur mesure
La start-up Euveka a développé un mannequin-robot qui prend la forme de la personne pour produire des vêtements sur mesure. Baptisé Body-Xtent, il est équipé d’un logiciel de prototypage anthropomorphique qui scanne les corps et s’adapte à leurs mensurations. Le robot peut permettre de produire des vêtements sur mesure pour un particulier ou pour un marché morphologique précis. Il vérifie également les défauts du vêtement avec des capteurs. Il peut être utilisé dans le prêt-à-porter, la haute couture, ainsi que dans le vêtement pour professionnels de la sécurité, du sport ou du médical. Euveka a commencé à commercialiser son offre cette année en petite série.

❚ 3•le smartphone qui communique par le toucher
La start-up Hap2u, créée par un ingénieur de Grenoble, a développé une technologie permettant de démultiplier les sensations sur les écrans tactiles. Grâce à une technologie de retour haptique générée par des microvibrations, la technologie peut varier à l’infini les microvibrations, et provoquer différentes sensations. L’écran peut même faire sentir à l’utilisateur le relief et des textures. Cette technologie pourrait permettre de sentir la matière sur un écran, et de renforcer ainsi l’interaction entre l’homme et la machine. Cette technologie est destinée notamment au e-commerce, aux jeux vidéo et, à plus long terme, aux opérateurs dans l’industrie.

Automobile

❚ 4•Un pneu adhérant été comme hiver
Michelin a présenté cette année la deuxième version de son pneu adapté autant aux climats chauds que froids, le pneu CrossClimate+. La première version présentée en 2015 était équipée de matériaux innovants, dont un nouveau élastomère et une silice plus fine, qui permettaient une meilleure homogénéisation du poids du véhicule sur la route. Le pneu conserve ainsi son adhérence aussi bien à -10° qu’à 35°. Le produit a connu tout de suite le succès, avec une hausse de 30 % des ventes, comparées aux prévisions sur les dix premiers mois. Cette nouvelle version, le CrossClimate+, sera commercialisée début 2017, assure une meilleure motricité sur les sols enneigés.

❚ 5•Une voiture en composite La start-up Gazelle-Tech, créée par un ancien ingénieur de chez Renault, a conçu une voiture électrique et connectée particulièrement légère. Le châssis et la carrosserie sont construits en matériaux composites. La voiture ne pèse ainsi que 500 kilos, dont 120 pour la seule batterie, et affiche une autonomie de 180 kilomètres. Légère, le véhicule est aussi simple. Son châssis et sa carrosserie sont composés de huit pièces seulement, et peuvent être assemblés en une heure. Avec une vitesse maximale de 100 km/h, la voiture s’adresse aux flottes d’entreprises et aux collectivités territoriales. Elle devrait être commercialisée en 2018. Une version essence est prévue pour les pays émergents.

Bâtiment

❚ 6•La fenêtre qui s’adapte à la luminosité
Le géant du bâtiment Vinci a présenté une vitre qui s’opacifie en fonction de la lumière. Baptisée Horizon, elle associe les films photovoltaïques transparents de Sunpartner Technologies et les verres électrochromes de Saint-Gobain. Des capteurs sont disposés sur la fenêtre, et ils déterminent l’opportunité de l’opacifier en fonction de la luminosité et de la température déterminées par des capteurs. Un courant électrique circule alors dans la vitre et l’opacifie si besoin. Il est également possible de communiquer avec la fenêtre via une application smartphone, via le réseau Lora ou en bluetooth. La fenêtre est autonome en énergie, et peut alimenter le bâtiment en électricité en cas de surplus d’électricité.

Énergie

❚ 7•Des matériaux qui stockent l’énergie solaire
La PME Systovi, à l’origine fabricant de panneaux solaires hybrides (production d’électricité et d’air chaud), a mis au point une batterie thermique à destination de l’énergie solaire, la batterie Stock-R. Cette technologie de stockage utilise un matériau à changement de phase, du bichlorure de sodium, un matériau qui se transforme en fonction de la chaleur. Il est introduit dans un échangeur en polypropylène expansé et connecté aux panneaux solaires hybrides. En journée, le matériau emmagasine la chaleur au contact de l’air chauffé par les panneaux, et fond. Dans la nuit, l’air froid solidifie le matériau, et diffuse alors son énergie. C’est la première fois qu’un matériau à changement de phase est introduit dans un système de circulation d’air, selon la société.

❚ 8•Un train zéro émission qui roule à l’hydrogène
Le français Alstom a présenté au salon InnoTrans de Berlin le premier train à propulsion hydrogène, le Coradia iLint. Il dispose d’une autonomie de 600 kilomètres et ne produit aucune émission. Ces trains sont destinés à remplacer les Coradia Lint, utilisés notamment en Allemagne, et fonctionnant traditionnellement au diesel. Cette innovation a d’ailleurs été développée en coopération avec plusieurs Länder allemands, où elle sera mise en service cette année. La solution hydrogène présente l’avantage de supprimer les émissions de trains tout en économisant le coût de construction d’une ligne électrique. Pour rappel, il existe encore 4 000 trains au diesel en Allemagne, et la Deutsche Bahn s’est fixé un objectif de zéro émission d’ici à 2050.

❚ 9•La blockchain pour tracer l’énergie solaire
La start-up Sunchain a inventé un nouveau schéma de consommation et de production de l’énergie solaire en utilisant la blockchain. La technologie de Sunchain doit permettre aux habitants de bâtiments producteurs de panneaux solaires de pouvoir consommer l’énergie produite sur d’autres lieux, comme sur leur lieu de travail ou leur résidence secondaire, en cas de surproduction. Les premiers modèles de blockchains solaires sont en train d’être développés pour les bâtiments collectifs en autoconsommation.

Industrie

❚10•Le câble sous-marin à tête chercheuse
La start-up Forssea Robotics, passée par l’incubateur Polytechnique, a mis au point un câble qui fournit davantage d’énergie et de communication aux robots sous-marins. Sa tête chercheuse permet au câble de se connecter aux engins immergés, réduisant la nécessité d’utiliser un navire de grand tonnage pour contrôler les opérations sous-marines. L’innovation a été développée par un ingénieur spécialiste des champs pétroliers, notamment offshore, Gautier Dreyfus, et d’un spécialiste dans des robots sous-marins, Maxime Cerramon, créateur de l’entreprise Searov.

Numérique

❚11•Un cloud qui stocke les petaoctets
La start-up spécialiste du stockage objet Scality a présenté la version 6.0 de son logiciel RING, un logiciel de stockage pour les grandes données massives. Sa technologie, basée sur le stockage défini par logiciel (SDS), consiste à stocker des données à l’échelle du petaoctet en s’appuyant sur des serveurs banalisés. Scality a été classée en troisième position sur ce marché mondial par Gartner, juste derrière… Dell EMC et IBM. Si elle est basée dans la Silicon Valley, la start-up a conservé ses équipes de R&D en France. Avec une croissance de
754 %, elle a pour objectif de devenir une licorne.

❚12•Mesurer la demande pour optimiser le pricing
Brennus analytics a développé une solution d’optimisation des prix pour les industriels basée sur de l’intelligence artificielle.
Sa solution PRiZ, disponible en SaaS, mesure l’intensité de la demande grâce à l’analyse des données de ventes, ainsi que la capacité de vente de l’industriel en fonction de ses données de production. Le meilleur prix pour l’entrepreneur est alors fourni à partir de ces analyses. A l’avenir, la start-up veut utiliser sa solution pour toutes les étapes de l’industriel.

❚13•Un bracelet sans contact qui permet de faire ses courses
L’expert de la sécurité numérique Gemalto a développé un bracelet sans contact. L’innovation réside dans la miniaturisation de la puce et de l’antenne qui compose le système, et qui rentre ainsi dans un bracelet. Ce dernier permet aux utilisateurs de réaliser diverses opérations sans contact, comme payer un titre de transport. Il peut également être utilisé comme un moyen de paiement grâce à la technologie EMV (norme internationale de paiement de carte à puce), ou encore de billets de spectacles. Pour recharger le bracelet, il suffit de se connecter avec un smartphone NFC. Cette solution permet de fluidier les flux de personnes. Elle est déjà utilisée par l’opérateur de transports en commun de Lille, ainsi que par celui de la ville de Rio de Janeiro.

MATéRIAUX

❚14•Des matériaux haute performance sur mesure
La start-up Norimat remet au goût du jour le frittage flash, ou spark plasma sintering (SPS). Cette technologie, développée au Centre interuniversitaire de recherche et d’ingénierie des matériaux de Toulouse, reprend la méthode du frittage classique, qui consiste à chauffer la matière, mais en chauffant les pièces plus rapidement grâce à un courant électrique de forte intensité. Cette technologie permet de mieux contrôler les microstructures tout en accélérant le temps de production. Norimat peut ainsi produire des matériaux céramiques techniques de très hautes propriétés plus performant et plus rapidement. La start-up vise les secteurs de pointe comme le luxe, la défense ou le biomédical. Les matériaux colorés et anti-rayures produits avec cette technologie intéressent également les fabricant d’horlogerie de luxe.

BIOTECHNOLOGIE

❚15•Stimuler les gènes pour augmenter la sélection naturelle
La start-up Meiogenix a créé une technologie qui permet de recombiner des chromosomes des organismes vivants. La technologie SpiX créée par Alain Nicolas, directeur de recherche émérite CNRS à l’Institut Curie, modifie le processus naturel de la recombinaison lors de la méiose, en utilisant la protéine Spo11, responsable du déclenchement de la recombinaison. SpiX peut ainsi stimuler les échanges d’ADN, notamment là où ils sont les moins nombreux, augmentant ainsi le nombre de combinaisons génétiques. La technologie pourrait permettre aux plantes de s’adapter plus vite au changement climatique, par exemple. Meiogenix, dont l’Institut Curie est actionnaire, a signé cette année un contrat avec Bayer pour appliquer cette technologie aux « plantes d’intérêt agronomique ».

❚16•Empiler des cellules pour imprimer du vivant
La start-up Cellenion, spin-off de Scienion, a mis au point une technologie de distribution contrôlée de cellules grâce à une technologie d’impression 3D. La technologie CellenOne de Cellenion permet d’isoler les cellules sans les abîmer et de les distribuer ensuite à haut débit sur divers supports. En utilisant les méthodes de la bio-impression et de l’impression 3D, Cellenion vise à reconstruire des tissus. Cette technologie pourrait être utilisée par l’industrie cosmétique et pharmaceutique pour remplacer les tests sur les animaux.

ENVIRONNEMENT

❚17•Le diesel plus propre grâce à l’ammoniac
Plastic Omnium a mis au point DINOx, une solution SCR (selective catalyst reduction) innovante pour capter les émissions polluantes des moteurs diesels, en particulier les NOx. Il s’agit de cartouches solides qui produisent du gaz d’amoniac. Cette solution SCR fonctionne même à basse température. Elle est surtout plus efficace et plus rapide que les solutions SCR classiques, qui fonctionnent par l’injection dans le moteur d’urée qui se transforme ensuite, par réaction, en ammoniac. Grâce à cette technologie, les constructeurs automobiles sont en mesure de produire des véhicules diesels éligibles à la norme Euro 6. Le système correspond également aux normes américaines EPA. Il est également vendu en Amérique et en Asie.

❚18•Un capteur optique pour trier les déchets
La PME Pellenc ST, spin off du leader européen de la robotique agricole Pellenc, a présenté en 2016 Mistral+, sa dernière machine à tri optique de déchets. La technologie analyse la composition chimique des matériaux et les oriente par un jet d’air vers le bac approprié. Protégée par une dizaine de brevets, cette technologie diminue de 50 % le temps de maintenance. La société est déjà présente dans quarante pays. Pour améliorer cette technologie, Pellenc ST va investir 3 millions d’euros€ sur cinq ans. Elle travaille également avec une université japonaise sur l’évolution de cette technologie.

DOMOTIQUE

❚19•Contrôler ses appareils d’un simple geste
L’ingénieur de STMicroelectonics basé à Grenoble, Vijayaraghavan Narayanan, a mis au point le premier boîtier de reconnaissance gestuelle sans contact. Baptisé Bixi, il est doté de capteurs optiques de chez STMicroelectonics et de microcontrôleurs qui permettent à n’importe qui de contrôler par le geste aussi bien son smartphone, son éclairage que ses appareils électroménagers lorsque ses mains sont prises. La start-up Bluemint Labs est incubée chez ST Microelectronics, et elle a mené cette année une campagne de financement sur Kickstarter qui a été souscrite quatre fois son montant. Les premiers boîtiers étaient disponibles pour Noël 2016.

❚20•Communiquer par la lumière avec la LiFi
La PME Lucibel a présenté en 2016 son premier produit LiFi du luminaire à destination des entreprises. La technologie LiFi, pour Light Fidelity, module les ondes de la lumière pour communiquer. Ces ondes sont plus précises dans la géolocalisation en intérieur, plus performantes, et produisent moins d’ondes électromagnétiques que la Wi-Fi. Lucibel s’est associée à Schneider Electric pour commercialiser sa technologie. La France est dans le peloton de tête du marché de la LiFi avec la société Oledcomm, pionnier du secteur grâce aux chercheurs Suat Topsu et Cédric Mayer, de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, installée désormais sur Paris-Saclay et qui travaille avec EDF sur des lampadaires LiFi.

 

Texte : Florent Detroy

Mentions légales - Réalisation : 3W Media