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Ils innovent en Grand Est > Les futurs champions de demain

[Article du 22/11/2016]

La fusion des trois régions Lorraine, Champagne-Ardenne et Alsace a permis de réunir au sein d’un même ensemble une diversité d’acteurs engagés depuis des années dans l’innovation. La région compte désormais à elle seule six pôles de compétitivité. Cet ensemble ne manque pas de ressources ni de matière grise. En attendant que le SRDEII apporte un peu d’homogénéité en matière d’innovation à l’ensemble, voici les acteurs les plus innovants qui porteront bientôt le Grand Est.

Ils innovent en Grand Est > Les futurs champions de demain

Ils innovent en Grand Est > Les futurs champions de demain

Alsace : de la médecine à l’automobile
L’Alsace émerge de plus en plus comme un pôle innovant en matière de médecine et de biotech, comme en témoigne l’obtention l’an dernier du label thématique MedTech, devenu label HealthTech. L’Alsace s’appuie notamment sur son important campus qui intègre les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), l’université de Strasbourg et le pôle de compétitivité Alsace Biovalley. La région compte aussi sur l’Ircad, l’IHU, l’I-Cube et l’institut Carnot Mica. Cet écosystème a donné naissance à plusieurs start-up de pointe. Parmi les plus prometteuses, il faut citer Defymed, à l’origine d’un pancréas artificiel. Elle a levé 1,9 million d’€euros l’année dernière afin de lancer l’industrialisation. La start-up Protip, qui a levé 4 millions€ en 2015, a développé, en collaboration avec le pôle Alsace BioValley, le premier larynx artificiel au monde. En parallèle, les écoles d’ingénieurs installées en Alsace se sont également lancées dans les medtech. Ainsi, le concours Alsace Tech de 2016, le concours de grandes écoles de la région, a récompensé le projet Baggluco, une bague qui mesure en direct le taux de glycémie.
La région a également obtenu le label IOT Manufacturing. L’essor du secteur est manifeste dans la région. La start-up BeAM, spécialiste de l’impression 3D en métal, a reçu en septembre le Prix de la start-up de l’année de la région Grand Est. Spin-off du Centre régional d’innovation et de transfert de technologie (CRITT) Irepa Laser, la start-up n’envisage pas de quitter l’Alsace malgré l’absence d’un écosystème autour de l’impression 3D. « L’arrivée du CEA Tech en Lorraine va être intéressante », pronostique Emmanuel Laubriat, co-fondateur de BeAM.
La présence du pôle Véhicule du futur a également soutenu l’innovation dans le domaine du véhicule électrique ou connecté. L’éditeur de logiciel Synovo, labélisé Pôle véhicule du futur depuis 2012, a par exemple développé une solution de gestion des flottes de voitures à l’aide d’outils analytiques. La société a levé 1 million d’euros en 2014.

Lorraine : le living lab pour innover
L’obtention du label French Tech l’année dernière par le Sillon lorrain, regroupant Thionville, Metz, Nancy, Epinal, est venue valider l’efficacité de l’écosystème lorrain. Ce dynamisme s’appuie d’abord par des méthodes d’innovation originales, comme en témoigne le Lorraine Fab Living Lab® (LF2L). Le concept de Living Lab consiste à innover conjointement avec les constructeurs et les utilisateurs. Rapidement associé à un FabLab, le lieu a été intégré à partir de 2013 à l’écosystème LorNtech et installé au technopole Renaissance. « Pour tester l’innovation en conditions réelles, nous avons même créé des dispositifs immersifs avec notamment des casques de réalité virtuelle », explique Laurent Dupont, un des co-fondateurs du lieu. Le LF2L travaille actuellement sur un projet avec l’école de chirurgie de Nancy sur des robots d’opération et des capteurs d’usage (eye tracking), dans le cadre de recherches sur l’hôpital du futur. Le LF2L profite également de la proximité du l’incubateur Le Paddock pour travailler avec les start-up. GreenBerry, incubée au Paddock, est ainsi en train de mettre au point une solution de gestion du parc de vélos connectés pour le Grand Nancy.
L’autre spécialité de la Lorraine concerne les Fintechs. Berceau de Boursorama, elle a ainsi développé un écosystème dynamique qui a donné lieu à des start-up prometteuses, comme Aston iTrande Finance, récompensée par le pôle Finance Innovation en 2015. La Lorraine innove également sur le secteur des matériaux, grâce à l’institut Jean-Lamour et l’institut Carnot Icéel. Ainsi, la start-up ProViSys Engineering®, fondée en 2014, spin off de l’université de Lorraine, propose des solutions dans le domaine de la caractérisation des matériaux, et compte déjà pour clients Renault ou Rhodia. Elle espère pénétrer bientôt le marché de l’aéronautique. La région bénéficie également de la présence de l’Inria Nancy. La start-up Alerion, incubée dans le laboratoire Loria fondé conjointement par l’institut, l’université de Loraine et le CNRS, développe depuis 2015 des technologies intelligentes pour drones. Elle développe notamment un drone amphibie baptisé Hydradrone. Starburst Gaming, une start-up de gaming incubée actuellement par Télécom Nancy, propose, elle, d’utiliser tous les écrans disponibles d’un foyer pour les intégrer dans le jeu. Elle vient de recevoir un financement de 115 000 euros de la SATT Grand Est.


Champagne-Ardenne : le pari sur l’agriculture
L’arrivée de la Champagne-Ardenne au sein du Grand Est est venue ajouter aux compétences sur la santé et l’industrie des compétences en agriculture et en biotechnologie. La région compte notamment sur son territoire plusieurs pôles de recherche majeurs, comme le pôle de compétitivité IAR ou l’université de Troyes. La « capitale de la maille » vient ainsi d’accueillir la start-up BioSerenity, spécialiste des vêtements connectés appliqués au domaine médical, dans les locaux de l’Institut français du textile et de l’habillement. Elle a levé 3 millions d’euros en 2015.
La start-up rémoise Neweaver développe de son côté des biomolécules pour la cosmétique. Elle s’intéresse en particulier au chitosane d’origine fongique. « Nous nous sommes rapprochés de la chaire ABI d’AgroParisTech, située à Pomacle-Bazancourt, proche de Reims, pour mettre au point le procédé de production de fermentation en milieu solide », confie Franck Coutelle, co-fondateur de la start-up.
La région est par ailleurs présente sur d’autres thématiques. L’incubateur régional ID Champagnes a déjà fait émerger quelques champions régionaux, comme la start-up Pacifa Décision, une entreprise spécialisée dans la modélisation en 3D d’installations sportives et des flux de personnes. Le produit Pacifa Manager est déjà utilisé par de grands acteurs du sport, comme le Paris Saint-Germain, le Real Madrid ou encore le Stade de France.

 

 Trois questions à… Jean-Luc Sadorge, directeur du pôle Fibre-Energivie 

Quels atouts possède la nouvelle région en termes d’innovation ?
Les atouts sont nombreux. Dans la filière matériaux, nous bénéficions des compétences de l’université de Strasbourg en chimie, et d’un des meilleurs écosystèmes académiques d’Europe dédié à la filière bois en Lorraine avec l’Enstib. Nous bénéficions également de l’écosystème Metz-Nancy, très axé sur les sciences de l’ingénierie.
 Est-ce que les industriels sont assez impliqués ?
Notre pôle compte à son bord 11 grands groupes, 20 ETI, ainsi que plusieurs PME innovantes. Un des derniers projets en date concerne le lancement avec EDF d’une plateforme BIM Energie destinée à promouvoir l’utilisation de la maquette numérique dans la région. Les projets labellisés par le pôle ayant obtenu un soutien financier représentent aujourd’hui un montant total de 550 millions d’euros.
 Comment la réunion des trois régions va changer votre activité ?
Nous ne connaissons pas très bien la Champagne-Ardenne et la Grande région représente donc de nouvelles opportunités. Nous avons des thématiques communes. Nous souhaitons par exemple travailler avec le pôle IAR sur les molécules biosourcées. De manière plus générale, nous avons signé en février dernier une convention de partenariat liant les six pôles de la nouvelle région pour développer des initiatives communes.

 

 Une dynamique européenne pour la région Grand Est 

En septembre, deux des six pôles de compétitivité du Grand Est, Alsace BioValley, Fibres Energivie, et l’agence Alsace Innovation ont été sélectionnés dans le cadre du Programme de partenariat technologique européen (PPTE). Ce programme aide les PME à avoir accès aux financement européens, types H2020 ou encore Eurostars. Il cible en priorité les thématiques santé-science de la vie, matériaux, économie circulaire et bâtiments à énergie positive. Les PME sélectionnées bénéficieront d’un accompagnement personnalisé et d’une aide au montage de projet européen. Déjà engagée dans plusieurs collaborations avec ses voisins, la région du Grand Est conforte ainsi sa dimension européenne.

 

 

Agglomération de Reims
Mettre les innovateurs du territoire dans les starting-blocks

 

Le territoire rémois redouble d’efforts pour mettre l’accent sur le soutien à l’innovation. Au centre des initiatives, les structures comme l’incubateur Innovact Center ou Invest in Reims jouent un rôle fondamental.
Texte : Mathieu Neu.

Recyclage, objets connectés, sciences de la vie… Les entrepreneurs innovants de la région Champagne-Ardenne sont sur tous les fronts. Pour les accompagner dans leurs ambitions, la structure d’accompagnement Innovact Center déploie des services sur mesure allant de la mise à disposition d’outils dédiés, de carnets d’adresses adaptés (acteurs du territoire, prestataires pertinents…) aux conseils ciblés. L’accent est mis sur deux points particuliers : l’accès au marché et aux clients potentiels, ainsi que l’accès aux financements publics ou privés.
Parmi la gamme de services servant de tremplin aux entreprises, on peut citer la mise à disposition d’un référent unique en charge d’un suivi régulier de l’avancement du projet, un accompagnement gratuit et personnalisé pour les différentes étapes (constitution de business plan, ateliers et coachings pour le développement commercial, plan marketing…), la coordination du parcours, de sorte qu’Innovact Center soit l’unique porte d’entrée vers tous les acteurs du territoire en vue de toute implantation ou tout besoin de développement du projet d’entreprise autour de Reims et de sa région. Aux côtés de cet incubateur, l’organisation Invest in Reims apporte sa pierre à l’édifice en favorisant l’implantation des sociétés. Elle répond aux besoins fonciers, immobiliers, financiers, commerciaux et de communication. Invest in Reims a accompagné plus de 200 entreprises à l’origine de 8 000 emplois depuis 2003. 

Des start-up de tous horizons
Chaque année apporte son lot de nouveautés. Parmi les dernières en date figure la start-up Connect’O, qui a mis au point un objet connecté mesurant la consommation d’eau à partir d’un capteur installé sur l’arrivée d’eau. Objectif : réduire les dépenses en la matière et prévenir les risques de dégâts des eaux. Hébergée depuis quelques mois au sein des murs d’Innovact, l’équipe a réalisé plusieurs prototypes et recherche désormais des fonds pour la commercialisation du produit.
AC&B est une autre entreprise qui s’illustre dans la région. Elle a récemment lancé la commercialisation à l’international de sa machine atypique permettant de créer ses propres soins de beauté à partir de dosettes qui sont des capsules associant principes actifs et crèmes ou sérums. Cette innovation dans le domaine de la cosmétique a été récompensée cette année lors des prix de l’Innovation d’ID Champagne-Ardenne.
Autre nouveauté qui attire l’attention : le process industriel de recyclage des sources lumineuses mis sur pied par la jeune société Artemise, également lauréate 2016 de ces prix. 

 

Pôle métropolitain du Sillon lorrain
Le potentiel numérique paré au décollage

Grâce à son label French Tech, le territoire du Sillon lorrain peut miser sur de nombreux développements à venir dans les nouvelles technologies. Un changement de statut qui se concrétise au fil des mois.
Texte : Mathieu Neu.

C’est le 25 juin 2015 que le Pôle métropolitain européen du Sillon lorrain a officiellement obtenu le label French Tech tant convoité par les territoires français. Une évolution majeure qui, un an plus tard, se traduit par l’accélération des projets et des gains de visibilité importants. Thionville, Metz, Epinal et Nancy sont les quatre villes du Sillon autour desquelles s’articule le dossier.
Mais le rayonnement de la labellisation dépasse les frontières de ces agglomérations. Les dirigeants de la start-up My Music Teacher, spécialisée dans les cours de musique en ligne, font partie des acteurs qui soulignent la synergie qui a été créée à cette occasion. Bien qu’étant implantés dans la petite ville de Sarrebourg, loin des centres de décision, ils se décrivent comme « partie intégrante d’un écosystème lorrain de l’innovation ». D’autres jeunes structures, comme Divacore, comptent sur le label French Tech pour faciliter l’accès à de grands événements internationaux, tel le CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas.
Plusieurs entreprises du numérique mentionnent par ailleurs les conséquences positives sur le recrutement des collaborateurs. Pour bon nombre de profils, comme les développeurs, une expérience dans une société estampillée French Tech représente un atout majeur.
Autre changement notable : les ambitions touchant aux nouvelles technologies sont désormais bien plus affichées. Les Hackathons connaissent un franc succès, tout comme les Start-up Week-ends. Le Cluster Nancy numérique a annoncé que depuis la labellisation, il avait accueilli autant de start-up que pendant deux années ordinaires de fonctionnement. Les acteurs accompagnateurs de l’innovation s’organisent pour mieux suivre la nouvelle tendance, à l’image de la structure TCRM-Blida, à Metz, qui devient un véritable incubateur, ou encore de l’Ecole du numérique Simplon, à Epinal, qui s’est installée à côté des espaces de coworking.

 Des jeunes sociétés taillées pour le succès 
L’entreprise Mesagraph est localement souvent citée en exemple et incarne le potentiel technologique du Sillon lorrain. Rachetée par Twitter, cette structure avait récemment développé un moteur de recherche pour réseaux sociaux, avant de faire évoluer son concept vers un outil d’analyse de contenus des réseaux sociaux. Un véritable observatoire analysant notamment la popularité des programmes de télévision sur Twitter. Autre société qui attire depuis peu les regards des investisseurs : Stimul’activ, spécialisée dans la conception d’outils de stimulation cognitive à destination des personnes atteintes de troubles neuro-dégénératifs. Des solutions intéressantes pour les patients victimes de la maladie d’Alzheimer, pour les personnes souffrant d’autisme ou de polyhandicaps. 

Florent Detroy - Photo : Dr

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