Logo Innovation Review

Mon compte

Se connecter

Innovation Review n°97

« Notre objectif : devenir la première région en termes de transformation digitale de notre industrie »

[Article du 17/10/2016]

Dans le cadre de la loi NOTRe de 2015, toutes les Régions doivent se doter d’un Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII). La Région Grand Est a lancé l’élaboration de son schéma depuis juin dernier. Son élaboration doit s’étendre jusqu’en début d’année prochaine. Nous revenons avec Jean Rottner sur les grands enjeux déjà identifiés comme essentiels pour la croissance et l’innovation.

« Notre objectif : devenir  la première région en termes de transformation digitale de notre industrie »

« Notre objectif : devenir la première région en termes de transformation digitale de notre industrie »

Jean Rottner, maire de Mulhouse, et vice-président de la région Grand Est

Texte : Florent detroy. Photo : dr.

Quels enjeux vont être au centre de votre SRDEII ?
Il est encore en construction, mais nous connaissons déjà les thématiques qui seront prioritaires au sein du Grand Est. C’est le cas de la thématique industrielle par exemple, avec l’usine du futur. Au total, nous prévoyons de soutenir 100 à 150 PME-PMI  pour les aider à  transformer leur outil de production vers l’usine de demain. Notre objectif est clair : devenir la première région en termes de transformation digitale de notre industrie, En parallèle, nous serons la première région de France entièrement reliée par du très haut débit. La santé est également un thème essentiel, avec le pôle universitaire de Nancy et de Strasbourg, sans oublier Reims (autour de l’université Reims Champagne-Ardenne). Nous voulons développer notamment l’e-santé ainsi que les dispositifs médicaux implantables (DMI). Les autres grands axes concernent la mobilité, le bâtiment durable, les énergies renouvelables, la silver économie et l’agro-
alimentaire. Ces axes vont encore devoir être discutés.

Quels sont les futurs grands pôles de la région Grand Est en matière d’innovation?
Le SRDEII doit prendre en considération l’existence de ces pôles, car la recherche et le développement font partie d’une démarche économique plus large. Il ne peut pas y avoir d’implantation d’entreprises s’il n’y a pas de pôle de compétitivité, de clusters, et si nos entreprises ne se mettent pas dans une logique de territoire économique. Une stratégie dans la santé, par exemple, implique de soutenir la recherche universitaire, l’innovation, les start-up et l’implantation de PME dans ce domaine. Par exemple, le pôle de compétitivité Alsace BioValley, qui va être labélisé Pôle national, est un vrai soutien à l’économie de la santé dans la région. Nous avons également une métropole labélisée FrenchTech, avec le Pôle métropolitain européen du Sillon lorrain. Elle est renforcée par cinq écosystèmes différents, avec le sport à Reims, l’IOT manufacturing et la fintech en Lorraine, la santé et l’IOT manufacturing au sein du pôle métropolitain Strasbourg-Colmar-Mulhouse.

Lors du lancement du SRDEII, la région a mis l’accent sur « l’opérationnalité » du futur schéma. Comment rendez-vous ce SRDEII « opérationnel » ?
Le schéma doit donner un cadre connu et attractif à notre territoire, en fixant un cap et en définissant des piliers. Il doit être simple, opérationnel, réactif et agile. Il appartient ensuite à la Région de le décliner avec ses partenaires : intercommunalités, départements, chambres consulaires… Pour notre part, nous développons douze antennes de la région sur l’ensemble du territoire, en plus des trois Maisons de la région déjà existantes. La Région doit avoir un rôle d’agrégateur de proximité. Après, la Région ne doit pas agir dans tous les secteurs, mais dans ses domaines prioritaires. Cet effort montre que nous nous mettons aussi au service du monde économique dans une volonté de proximité.

L’adoption d’un SRDEII va-t-elle vous donner de nouveaux outils pour promouvoir l’innovation ?
Elle ne nous donne par forcément de nouveaux outils, mais permet, avec la loi NOTRe et la loi MAPTAM, de clarifier la situation, et de faire de la Région le maître d’ouvrage de la stratégie économique. Cette dernière est décidée en partenariat avec les agglomérations, et en particulier avec les métropoles, comme l’impose la loi MAPTAM. C’est cette articulation entre Région et agglomérations qui aujourd’hui donne le tempo de la dynamique économique. Par exemple, le Pôle métropolitain lorrain échange sur sa stratégie économique avec nous et avec l’ensemble de ses membres. L’agglomération de Reims également, qui réunit près de 150 communes, va devenir la deuxième agglomération du Grand Est. Donc, le couple Région-agglomération devient le couple essentiel. Ce n’est pas pour autant que nous oublions les territoires périurbains et les territoires ruraux. Pour exemple, le plan ruralité déjà décidé par la Région.

Comment voulez-vous faire remonter les dépenses en R&D de la région pour atteindre les 3 % du PIB conformément aux objectifs
de l’Union Européenne ?
La Champagne-Ardennes était à 0,6 %, la Lorraine à 1,6 % et l’Alsace à 1,7 %. Nous sommes très loin des 3 %. Notre objectif n’est toutefois pas d’arriver à 3 % demain, mais que les acteurs comprennent bien la stratégie sur la durée, et qu’ils soient en capacité d’être attractifs auprès de nouveaux acteurs économiques ou de la recherche. Ces 3 %, ce n’est pas du court terme, c’est du moyen long terme.

Comment la région va-t-elle aider les PME à être plus innovantes ?
Je suis un fervent militant de l’expérimentation. Le droit à l’expérimentation, c’est important. Lorsqu’une entreprise veut faire un beta-test, et qu’elle est un petit acteur, les collectivités sont des lieux formidables pour réaliser cet essai. Plutôt que de donner une subvention, nous pourrions aider en renforçant cette possibilité à tester, en couvrant le risque encouru. La Région pourrait abonder pour couvrir ce risque. Mais il faut que la Région, comme collectivité, se transforme aussi et devienne une vraie collectivité digitale, en matière de data, de transparence, d’initiatives… Nous lancerons un certain nombre d’annonces à l’automne qui permettront de faire de notre collectivité une collectivité numérique.

La région va-t-elle disposer de nouveaux instruments financiers pour soutenir l’innovation ?
Nous avons décidé de créer un fonds de 100 millions d’euros, public-privé, que nous mènerons avec la CDC et la BPI ainsi qu’avec des acteurs privés. Il s’agit d’un fonds assez innovant parmi les autres fonds régionaux, car il doit être capable d’intervenir sur tous les stades de la vie des entreprises. En effet, la plupart des fonds mobilisables actuellement le sont pour des entreprises en phase de croissance ou de développement, plus rarement pour les périodes fragiles que sont la transmission, la cession ou même le retournement. Il sera un peu le bras financier du SRDEII. Il s’appuiera sur l’expérience d’Alsace Capitale et visera à unifier l’ensemble des fonds régionaux.

Le SRDEII permettra-t-il à la région de poser davantage de candidatures à davantage d’investissements d’avenir ou à d’aides européennes ?
La région Grand Est représente 45 % de la frontière terrestre française, ce qui nous oblige à avoir des projets frontaliers. Notre région, effectivement, doit apprendre à mieux travailler avec l’Europe. Nous avons par ailleurs une Maison du Grand Est à Bruxelles, Maison que nous partageons avec la Sarre, ce qui montre notre volonté d’être actif pour aller chercher ces financements européens. D’ailleurs, l’Alsace a été la première région à expérimenter la gestion décentralisée des fonds Feder.

La proximité avec l’Allemagne permettra-t-elle de développer des pôles communs de R&D ou d’innovation ?
Le projet transfrontalier est à inventer pour nous. Il doit être humain, économique et culturel. Il  n’y a pas que l’Allemagne, il y a quatre pays européens avec qui nous partageons une frontière : la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne et la Suisse. Nos voisins et amis  sont attentifs à la situation transfrontalière. Mais  dans la Région Grand Est, certains territoires vont devoir entrer dans cette logique renforcée de coopération. Pour un Alsacien, c’est une évidence. Pour un habitant de Troyes, c’est un peu plus compliqué. Et pourtant, Troyes est désormais voisine de l’Allemagne. Nous avons aussi d’autres limites, tournées vers le Bassin parisien, et une belle porte d’entrée à l’ouest, avec Reims. Nous avons également la Bourgogne Franche-Comté, et les Hauts de France, avec qui nous développerons, je l’espère, des stratégies communes. 

 

Agglomération de Reims
Mettre les innovateurs du territoire dans les starting-blocks

Le territoire rémois redouble d’efforts pour mettre l’accent sur le soutien à l’innovation. Au centre des initiatives, les structures comme l’incubateur Innovact Center ou Invest in Reims jouent un rôle fondamental.
Texte : Mathieu Neu. Photo : dr.

Recyclage, objets connectés, sciences de la vie… Les entrepreneurs innovants de la région Champagne-Ardenne sont sur tous les fronts. Pour les accompagner dans leurs ambitions, la structure d’accompagnement Innovact Center déploie des services sur mesure allant de la mise à disposition d’outils dédiés, de carnets d’adresses adaptés (acteurs du territoire, prestataires pertinents…) aux conseils ciblés. L’accent est mis sur deux points particuliers : l’accès au marché et aux clients potentiels, ainsi que l’accès aux financements publics ou privés.
Parmi la gamme de services servant de tremplin aux entreprises, on peut citer la mise à disposition d’un référent unique en charge d’un suivi régulier de l’avancement du projet, un accompagnement gratuit et personnalisé pour les différentes étapes (constitution de business plan, ateliers et coachings pour le développement commercial, plan marketing…), la coordination du parcours, de sorte qu’Innovact Center soit l’unique porte d’entrée vers tous les acteurs du territoire en vue de toute implantation ou tout besoin de développement du projet d’entreprise autour de Reims et de sa région. Aux côtés de cet incubateur, l’organisation Invest in Reims apporte sa pierre à l’édifice en favorisant l’implantation des sociétés. Elle répond aux besoins fonciers, immobiliers, financiers, commerciaux et de communication. Invest in Reims a accompagné plus de 200 entreprises à l’origine de 8 000 emplois depuis 2003.

 Des start-up de tous horizons 
Chaque année apporte son lot de nouveautés. Parmi les dernières en date figure la start-up Connect’O, qui a mis au point un objet connecté mesurant la consommation d’eau à partir d’un capteur installé sur l’arrivée d’eau. Objectif : réduire les dépenses en la matière et prévenir les risques de dégâts des eaux. Hébergée depuis quelques mois au sein des murs d’Innovact, l’équipe a réalisé plusieurs prototypes et recherche désormais des fonds pour la commercialisation du produit.
AC&B est une autre entreprise qui s’illustre dans la région. Elle a récemment lancé la commercialisation à l’international de sa machine atypique permettant de créer ses propres soins de beauté à partir de dosettes qui sont des capsules associant principes actifs et crèmes ou sérums. Cette innovation dans le domaine de la cosmétique a été récompensée cette année lors des prix de l’Innovation d’ID Champagne-Ardenne. Autre nouveauté qui attire l’attention : le process industriel de recyclage des sources lumineuses mis sur pied par la jeune société Artemise, également lauréate 2016 de ces prix. 

 

Pôle métropolitain du Sillon lorrain
Le potentiel numérique paré au décollage

Grâce à son label French Tech, le territoire du Sillon lorrain peut miser sur de nombreux développements à venir dans les nouvelles technologies. Un changement de statut qui se concrétise au fil des mois.Texte : mathieu neu. photo : dr.

C’est le 25 juin 2015 que le Pôle métropolitain européen du Sillon lorrain a officiellement obtenu le label French Tech tant convoité par les territoires français. Une évolution majeure qui, un an plus tard, se traduit par l’accélération des projets et des gains de visibilité importants. Thionville, Metz, Epinal et Nancy sont les quatre villes du Sillon autour desquelles s’articule le dossier.
Mais le rayonnement de la labellisation dépasse les frontières de ces agglomérations. Les dirigeants de la start-up My Music Teacher, spécialisée dans les cours de musique en ligne, font partie des acteurs qui soulignent la synergie qui a été créée à cette occasion. Bien qu’étant implantés dans la petite ville de Sarrebourg, loin des centres de décision, ils se décrivent comme « partie intégrante d’un écosystème lorrain de l’innovation ». D’autres jeunes structures, comme Divacore, comptent sur le label French Tech pour faciliter l’accès à de grands événements internationaux, tel le CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas.
Plusieurs entreprises du numérique mentionnent par ailleurs les conséquences positives sur le recrutement des collaborateurs. Pour bon nombre de profils, comme les développeurs, une expérience dans une société estampillée French Tech représente un atout majeur.
Autre changement notable : les ambitions touchant aux nouvelles technologies sont désormais bien plus affichées. Les Hackathons connaissent un franc succès, tout comme les Start-up Week-ends. Le Cluster Nancy numérique a annoncé que depuis la labellisation, il avait accueilli autant de start-up que pendant deux années ordinaires de fonctionnement. Les acteurs accompagnateurs de l’innovation s’organisent pour mieux suivre la nouvelle tendance, à l’image de la structure TCRM-Blida, à Metz, qui devient un véritable incubateur, ou encore de l’Ecole du numérique Simplon, à Epinal, qui s’est installée à côté des espaces de coworking.

 Des jeunes sociétés taillées pour le succès 
L’entreprise Mesagraph est localement souvent citée en exemple et incarne le potentiel technologique du Sillon lorrain. Rachetée par Twitter, cette structure avait récemment développé un moteur de recherche pour réseaux sociaux, avant de faire évoluer son concept vers un outil d’analyse de contenus des réseaux sociaux. Un véritable observatoire analysant notamment la popularité des programmes de télévision sur Twitter.
Autre société qui attire depuis peu les regards des investisseurs : Stimul’activ, spécialisée dans la conception d’outils de stimulation cognitive à destination des personnes atteintes de troubles neuro-dégénératifs. Des solutions intéressantes pour les patients victimes de la maladie d’Alzheimer, pour les personnes souffrant d’autisme ou de polyhandicaps. 

 

Ils innovent en Grand Est
Les futurs champions de demain

La fusion des trois régions Lorraine, Champagne-Ardenne et Alsace a permis de réunir au sein d’un même ensemble une diversité d’acteurs engagés depuis des années dans l’innovation. La région compte désormais à elle seule six pôles de compétitivité. Cet ensemble ne manque pas de ressources ni de matière grise. En attendant que le SRDEII apporte un peu d’homogénéité en matière d’innovation à l’ensemble, voici les acteurs les plus innovants qui porteront bientôt le Grand Est. Texte : Florent Detroy.

Alsace : de la médecine à l’automobile
L’Alsace émerge de plus en plus comme un pôle innovant en matière de médecine et de biotech, comme en témoigne l’obtention l’an dernier du label thématique MedTech, devenu label HealthTech. L’Alsace s’appuie notamment sur son important campus qui intègre les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), l’université de Strasbourg et le pôle de compétitivité Alsace Biovalley. La région compte aussi sur l’Ircad, l’IHU, l’I-Cube et l’institut Carnot Mica. Cet écosystème a donné naissance à plusieurs start-up de pointe. Parmi les plus prometteuses, il faut citer Defymed, à l’origine d’un pancréas artificiel. Elle a levé 1,9 million d’€euros l’année dernière afin de lancer l’industrialisation. La start-up Protip, qui a levé 4 millions€ en 2015, a développé, en collaboration avec le pôle Alsace BioValley, le premier larynx artificiel au monde. En parallèle, les écoles d’ingénieurs installées en Alsace se sont également lancées dans les medtech. Ainsi, le concours Alsace Tech de 2016, le concours de grandes écoles de la région, a récompensé le projet Baggluco, une bague qui mesure en direct le taux de glycémie.
La région a également obtenu le label IOT Manufacturing. L’essor du secteur est manifeste dans la région. La start-up BeAM, spécialiste de l’impression 3D en métal, a reçu en septembre le Prix de la start-up de l’année de la région Grand Est. Spin-off du Centre régional d’innovation et de transfert de technologie (CRITT) Irepa Laser, la start-up n’envisage pas de quitter l’Alsace malgré l’absence d’un écosystème autour de l’impression 3D. « L’arrivée du CEA Tech en Lorraine va être intéressante », pronostique Emmanuel Laubriat, co-fondateur de BeAM.
La présence du pôle Véhicule du futur a également soutenu l’innovation dans le domaine du véhicule électrique ou connecté. L’éditeur de logiciel Synovo, labélisé Pôle véhicule du futur depuis 2012, a par exemple développé une solution de gestion des flottes de voitures à l’aide d’outils analytiques. La société a levé 1 million d’euros en 2014.

Lorraine : le living lab pour innover
L’obtention du label French Tech l’année dernière par le Sillon lorrain, regroupant Thionville, Metz, Nancy, Epinal, est venue valider l’efficacité de l’écosystème lorrain. Ce dynamisme s’appuie d’abord par des méthodes d’innovation originales, comme en témoigne le Lorraine Fab Living Lab® (LF2L). Le concept de Living Lab consiste à innover conjointement avec les constructeurs et les utilisateurs. Rapidement associé à un FabLab, le lieu a été intégré à partir de 2013 à l’écosystème LorNtech et installé au technopole Renaissance. « Pour tester l’innovation en conditions réelles, nous avons même créé des dispositifs immersifs avec notamment des casques de réalité virtuelle », explique Laurent Dupont, un des co-fondateurs du lieu. Le LF2L travaille actuellement sur un projet avec l’école de chirurgie de Nancy sur des robots d’opération et des capteurs d’usage (eye tracking), dans le cadre de recherches sur l’hôpital du futur. Le LF2L profite également de la proximité du l’incubateur Le Paddock pour travailler avec les start-up. GreenBerry, incubée au Paddock, est ainsi en train de mettre au point une solution de gestion du parc de vélos connectés pour le Grand Nancy.
L’autre spécialité de la Lorraine concerne les Fintechs. Berceau de Boursorama, elle a ainsi développé un écosystème dynamique qui a donné lieu à des start-up prometteuses, comme Aston iTrande Finance, récompensée par le pôle Finance Innovation en 2015. La Lorraine innove également sur le secteur des matériaux, grâce à l’institut Jean-Lamour et l’institut Carnot Icéel. Ainsi, la start-up ProViSys Engineering®, fondée en 2014, spin off de l’université de Lorraine, propose des solutions dans le domaine de la caractérisation des matériaux, et compte déjà pour clients Renault ou Rhodia. Elle espère pénétrer bientôt le marché de l’aéronautique. La région bénéficie également de la présence de l’Inria Nancy. La start-up Alerion, incubée dans le laboratoire Loria fondé conjointement par l’institut, l’université de Loraine et le CNRS, développe depuis 2015 des technologies intelligentes pour drones. Elle développe notamment un drone amphibie baptisé Hydradrone. Starburst Gaming, une start-up de gaming incubée actuellement par Télécom Nancy, propose, elle, d’utiliser tous les écrans disponibles d’un foyer pour les intégrer dans le jeu. Elle vient de recevoir un financement de 115 000 euros de la SATT Grand Est.

Champagne-Ardenne : le pari sur l’agriculture
L’arrivée de la Champagne-Ardenne au sein du Grand Est est venue ajouter aux compétences sur la santé et l’industrie des compétences en agriculture et en biotechnologie. La région compte notamment sur son territoire plusieurs pôles de recherche majeurs, comme le pôle de compétitivité IAR ou l’université de Troyes. La « capitale de la maille » vient ainsi d’accueillir la start-up BioSerenity, spécialiste des vêtements connectés appliqués au domaine médical, dans les locaux de l’Institut français du textile et de l’habillement. Elle a levé 3 millions d’euros en 2015.
La start-up rémoise Neweaver développe de son côté des biomolécules pour la cosmétique. Elle s’intéresse en particulier au chitosane d’origine fongique. « Nous nous sommes rapprochés de la chaire ABI d’AgroParisTech, située à Pomacle-Bazancourt, proche de Reims, pour mettre au point le procédé de production de fermentation en milieu solide », confie Franck Coutelle, co-fondateur de la start-up.
La région est par ailleurs présente sur d’autres thématiques. L’incubateur régional ID Champagnes a déjà fait émerger quelques champions régionaux, comme la start-up Pacifa Décision, une entreprise spécialisée dans la modélisation en 3D d’installations sportives et des flux de personnes. Le produit Pacifa Manager est déjà utilisé par de grands acteurs du sport, comme le Paris Saint-Germain, le Real Madrid ou encore le Stade de France.

 

 Une dynamique européenne pour la région Grand Est 

En septembre, deux des six pôles de compétitivité du Grand Est, Alsace BioValley, Fibres Energivie, et l’agence Alsace Innovation ont été sélectionnés dans le cadre du Programme de partenariat technologique européen (PPTE). Ce programme aide les PME à avoir accès aux financement européens, types H2020 ou encore Eurostars. Il cible en priorité les thématiques santé-science de la vie, matériaux, économie circulaire et bâtiments à énergie positive. Les PME sélectionnées bénéficieront d’un accompagnement personnalisé et d’une aide au montage de projet européen. Déjà engagée dans plusieurs collaborations avec ses voisins, la région du Grand Est conforte ainsi sa dimension européenne.

 

 Trois questions à… Jean-Luc Sadorge, directeur du pôle Fibre-Energivie 

» Quels atouts possède la nouvelle région en termes d’innovation ?
Les atouts sont nombreux. Dans la filière matériaux, nous bénéficions des compétences de l’université de Strasbourg en chimie, et d’un des meilleurs écosystèmes académiques d’Europe dédié à la filière bois en Lorraine avec l’Enstib. Nous bénéficions également de l’écosystème Metz-Nancy, très axé sur les sciences de l’ingénierie.

» Est-ce que les industriels sont assez impliqués ?
Notre pôle compte à son bord 11 grands groupes, 20 ETI, ainsi que plusieurs PME innovantes. Un des derniers projets en date concerne le lancement avec EDF d’une plateforme BIM Energie destinée à promouvoir l’utilisation de la maquette numérique dans la région. Les projets labellisés par le pôle ayant obtenu un soutien financier représentent aujourd’hui un montant total de 550 millions d’euros.

» Comment la réunion des trois régions va changer votre activité ?
Nous ne connaissons pas très bien la Champagne-Ardenne et la Grande région représente donc de nouvelles opportunités. Nous avons des thématiques communes. Nous souhaitons par exemple travailler avec le pôle IAR sur les molécules biosourcées. De manière plus générale, nous avons signé en février dernier une convention de partenariat liant les six pôles de la nouvelle région pour développer des initiatives communes.

 

Mentions légales - Réalisation : 3W Media