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HORS SERIE COMPÉTITIVITÉ 2016 S1

Politique d’innovation - Quand les territoires stimulent leur potentiel

[Article du 29/02/2016]

A l’heure où collectivités sont contraintes à diminuer leurs investissements, certaines d’entre elles redoublent d’efforts pour prolonger leur soutien à l’innovation et faire émerger les potentiels en gestation.

Politique d’innovation -  Quand les territoires stimulent leur potentiel

Politique d’innovation - Quand les territoires stimulent leur potentiel

Photos : Grand Angoulême - Pépinière d'entreprises et pôle Image Magelis.
Catherine Trautmann, vice-présidente en charge du développement économique et de l’enseignement supérieur au sein de l’Eurométropole de Strasbourg

Dans un contexte où les comptes publics voient rouges, les collectivités territoriales sont invitées à participer au redressement financier. Conséquence : les enveloppes à disposition fondent, alors même que le soutien à l’innovation est au cœur de toutes les ambitions. En 2014, les investissements ont baissé de 9,6 % dans les collectivités territoriales selon l’Insee. Un repli qui devrait s’est poursuivi en 2015 et qui sans doute aussi en 2016, même si la diminution des ressources est moins marquée. Mais tous ne l’entendent pas de cette oreille. Plusieurs métropoles ont décidé de maintenir une politique ambitieuse pour nourrir des projets jugés clés pour leur écosystème. « Lancé il y a plusieurs années maintenant, le projet de campus des technologies médicales est déterminant dans l’économie de notre territoire. Il s’agit là d’efforts financiers indispensables pour donner aux pôles scientifiques et technologiques le rayonnement qu’ils doivent avoir dans le futur », indique Catherine Trautmann, vice-présidente en charge du développement économique et de l’enseignement supérieur au sein de l’Eurométropole de Strasbourg qui fait partie des territoires qui se caractérisent par d’importants investissements publics. L’enjeu est de taille, puisque d’ici 2020, la ville doit attirer une cinquantaine d’entreprises dans le seul domaine des technologies médicales. A noter que les ressources issues du secteur privé jouent un rôle essentiel, à l’image de Siemens, qui s’est implantée localement et qui a investi près de 20 millions d’euros dans des projets médicaux d’avenir.

Des financements exigés par les mutations
Les investissements s’annoncent également importants en raison de la nécessité d’accompagner les mutations économiques de certains territoires. Ces changements de fond, synonymes de transition industrielle, conduisent certains bassins d’emploi, comme St-Etienne ou Brest à transformer leurs anciennes manufactures d’armement en lieux consacrés au design et à l’innovation. Dans l’agglomération d’Angoulême, l’investissement se trouve également largement orienté vers la transition industrielle. Connu par le passé pour son savoir-faire relatif au papier, à la mécanique, le territoire devient désormais une des références à la pointe de « l’industrie du futur ». Une enveloppe de 4,3 millions d’euros est consacrée par l’agglomération au seul projet de Pôle Régional des Industries du Futur pour la période 2014 – 2020. L’investissement des collectivités suit aussi les grandes mutations technologiques dont l’un des exemples les plus illustres est celui du Grand Besançon et de la technopole TEMIS. En une quinzaine d’années, ce site a rassemblé toutes les capacités de recherche, d’innovation et de formation dans les microtechniques, issues du savoir-faire horloger du territoire. Désormais, c’est au tour de TEMIS Santé de suivre une démarche analogue afin de mettre sur pied une offre complète et compétitive en matière de biotechnologies, d’appareillages médico-chirurgicaux, de solutions e-santé.

En 2014,
les investissements
ont baissé de 9,6 %
dans les collectivités
territoriales selon l’Insee.

L’innovation concerne aussi les modes de financements
Le contexte économique oblige les collectivités à coopérer davantage avec la sphère privée, provoquant un certain décloisonnement et une plus grande coopération entre les acteurs. Le pilotage économique de la métropole toulousaine semble être une bonne illustration de cette tendance. Dévoilé en Juin 2015, le Schéma de Développement Economique de la Métropole propose 20 grands projets structurants dont la moitié sont pilotés directement par des acteurs universitaires et du monde de l’entreprise. Les Ateliers des Capucins à Brest, qui se présentent comme un axe majeur des démarches de l’année 2016 pour soutenir l’innovation de la métropole bretonne. Ce lieu particulier sera porté et animé par la collectivité, mais aussi par des associations comme la Cantine Numérique locale, ou encore le Crédit Agricole Finistère, via l’accélérateur Village by CA.
L’investissement dans les savoir-faire et l’innovation de demain passe aussi par le financement de chaires qui forment des passerelles entre la recherche, les écoles de l’enseignement supérieur et les entreprises. Rouen Métropole s’apprête ainsi à lancer la chaire « Industrie du Futur » où la création de nouvelles plateformes technologiques, de nouveaux moyens de recherche seront mis à disposition des entreprises pour permettre leur montée en gamme. De son côté, Châlons-en-Champagne a décidé de développer une chaire industrielle intitulée « Objets connectés et santé des personnes à domicile ». Elle visera au développement de solutions innovantes pour les seniors mais aussi pour les personnes dépendantes souffrant de maladies chroniques. Les projets de la filière bénéficieront d’une équipe de recherche qui a vocation à se spécialiser sur les questions relatives à l’habitat intelligent, la télémédecine et les nouveaux services de santé.

 

 

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