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Innovation Review n°88

Partenariats régionaux d’innovation : un nouvel outil pour les PME

[Article du 05/10/2015]

Lancé cet été, cet appel à projet commun porté par les Régions Lorraine, Alsace et Champagne-Ardenne aidera les PME régionales à financer des projets innovants. Les candidatures sont ouvertes jusqu’en juin 2016.

Partenariats régionaux d’innovation : un nouvel outil pour les PME

Partenariats régionaux d’innovation : un nouvel outil pour les PME

« Cet AAP se situe dans le cadre particulier d’une expérimentation de la régionalisation de crédits dans le cadre du CPER (Contrat de projet Etat-Région 2014-2020). Il correspond d’une part à un effort partagé entre l’Etat - via le CGI et Bpifrance - et les Régions et, d’autre part, à une première expérimentation d’un dispositif d’aides aux entreprises sur le périmètre de la Région Alsace-Champagne Ardenne -Lorraine issue de la nouvelle carte régionale », explique-t-on au Conseil régional de Lorraine. « Enfin, les thématiques retenues pour cet AAP par les trois Régions s’inscrivent dans des priorités régionales partagées, en lien avec les stratégies régionales d’innovation, dites de “spécialisation intelligente“. »
Doté de 20 millions d’euros, issus pour moitié de l’Etat et pour moitié des trois Régions participantes, ce nouvel outil de financement est piloté par Bpifrance. Pour formaliser cette expérimentation, chaque Conseil régional a signé une convention avec Bpifrance financement. Les PME situées en Lorraine, Alsace et Champagne-Ardenne sont la cible du ces Partenariats régionaux d’innovation (PRI), même si une ETI peut exceptionnellement candidater dans le cas où elle fait partie d’un consortium composé majoritairement de PME.

Les financements varient, entre 100 et 200 000 €
par projet pour les études de faisabilité, ou une avance remboursable entre 200 et 500 000 €
pour des projets de développement et d’industrialisation.

Avec ce nouvel outil, les partenaires cherchent d’une part à favoriser la mise sur le marché de nouveaux produits et services, et, d’autre part, à encourager la création d’activités innovantes à dominante industrielle. Du coup, deux types de projets peuvent candidater : des projets en phase de « faisabilité », et des projets en phase de « développement et industrialisation ». Les financements varient selon le type de projets, avec une subvention entre 100 et 200 000 euros par projet pour les études de faisabilité, ou une avance remboursable entre 200 et 500 000 euros pour les projets de développement et d’industrialisation.
Cinq thématiques ont été identifiées, en accord avec les ambitions régionales partagées : la gestion durable des ressources naturelles, le développement de matériaux et des procédés de mise en forme performants au service des filières industrielles du territoire, la santé et la silver économie, la bioéconomie et l’usine du futur. Pour être plus précis, ajoutons que la gestion durable des ressources s’intéresse à la détection, l’extraction, l’exploitation, la valorisation et le recyclage des ressources naturelles, notamment les agro-ressources et l’énergie sous toutes ses formes, ainsi qu’à la construction de bâtiments économes, durables, sains et à faible impact environnemental. En ce qui concerne les matériaux, sont visés des matériaux métalliques, composites, bois ou autres, et des procédés avancés pour les grandes filières industrielles.
La thématique santé et silver économie est vaste, et va de technologies et systèmes d’information favorisant l’autonomie des patients à des dispositifs médicaux implantables de rupture, à des outils d’assistance au diagnostic et à l’acte basés sur l’imagerie médicale, ou encore à des solutions de robotique d’assistance aux gestes techniques médicaux et chirurgicaux.
La thématique bioéconomie recouvre le développement de bioproduits issus de la raffinerie de la biomasse végétale ou des solutions favorisant l’économie circulaire grâce à l’adaptation de l’outil de production à la prise en compte des matériaux recyclés ou agrosourcés, la valorisation des sous-produits et la gestion des déchets. Quant à l’usine du futur, on encourage la candidature de projets autour de nouveaux procédés et produits en termes d’automatisation, de digitalisation et d’une meilleure intégration de l’homme et de la machine. Il s’agit de solutions permettant de faire évoluer un site de production existant grâce à de nouvelles technologies telles que la robotique et les objets connectés, mais aussi grâce à de nouvelles organisations du travail. Enfin, des projets qui intègrent la chaîne numérique pour accélérer et améliorer la conception (outils de simulation, moyens de prototypage rapide et d’essais basés sur la mécatronique et la robotique) sont également bienvenus.

« En lorraine, les dispositifs de soutien à l’innovation sont multiples »
« Ce dispositif complète et renforce les outils de financement des projets d’innovations portés par les PME des régions concernées et de la future région Alsace–Champagne-Ardenne -Lorraine à partir de 2016. Les dispositifs de soutien à l’innovation existant en Lorraine sont multiples », explique-t-on encore au Conseil régional de Lorraine. « Ils se répartissent en aides directes aux projets d’innovation des entreprises, qu’ils soient individuels ou collaboratifs (partenariat public-privé), ou aides indirectes par le biais du soutien aux acteurs et écosystème de l’innovation, parmi lesquels les pôles de compétitivité, plates-formes mutualisées d’innovation, intermédiaires technologiques… La Région Lorraine encourage et soutient également la maturation de la recherche et le transfert de technologies (création de valeur économique à partir des résultats de recherche), ainsi que la création d’entreprises de technologies innovantes. »
Depuis le début de l’été, les premiers dossiers arrivent sur l’extranet dédié mis en place par Bpifrance. Ils concernent notamment les domaines de la santé, du numérique et des matériaux.

En pratique
» Dépôt des dossiers de candidature jusqu’au 30 juin 2016.
» Sur le site de Bpifrance.
» Délais d’instruction de 3 mois maximum.
» Contact : pri@pifrance.fr

 

Testimoniaux

La Lorraine labellisée French Tech : l’innovation pour la croissance

La Lorraine reconnue pour son dynamisme numérique à l’échelle nationale et internationale ! LORnTECH est le nom choisi par les quatre villes et agglomérations qui se sont réunies pour porter cette candidature - Epinal, Metz, Nancy et Thionville. Annoncée en juin, la  labellisation est le résultat de la mobilisation du Sillon lorrain, le pôle métropolitain lancé dès 2005 pour fédérer cette région de plus de 1,2 million d’habitants et 2 000 entreprises créatrices de 10 000 emplois. Avec les trois autres « Métropoles French Tech » (Brest Tech plus, Normandy French Tech et French Tech Côte d’Azur) et les quatre labels thématiques (l’Alsace les MedTech, Avignon les CultureTech, Saint-Etienne le DesignTech et Angers les IoT-Tech), cette vague de labellisation étend l’effort du gouvernement pour identifier et booster les écosystèmes les plus dynamiques et les plus matures en France. LORnTECH se positionne d’emblée dans une perspective internationale en associant à ses projets les agglomérations de Luxembourg et de Sarrebruck.

La labellisation est le résultat de la mobilisation du Sillon lorrain (…) pour fédérer
cette région de plus de 1,2 million d’habitants et 2 000 entreprises créatrices de 10 000 emplois.


Dès le 25 septembre, LORnTECH prenait ses quartiers au Paddock, à Nancy. Parmi les poulains numériques lorrains, citons quelques exemples. Ainsi Compusoft, fournisseur de solutions et de services logiciels pour l’agencement et la vente de cuisines et salles de bains, est une société d’origine norvégienne déjà présente en France et dans quatorze autres pays. Nirbee est un acteur des technologies Beacon et Bluetooth qui développe des applications mobiles pour rendre le commerce, le tourisme et les musées interactifs. Data Observer œuvre dans le domaine du big data avec une présence en France, en Italie et aux Etats-Unis, tandis qu’Evoclic est une agence Web spécialisée dans les jeux-concours.
Mais LORnTECH, ce sont aussi des laboratoires (CEA Tech, Inria, Institut Jean-Lamour pour les sciences des matériaux…), des lieux d’innovation (Lorraine Fab Living Lab, Espace Numérique Entreprise, des espaces de coworking…), les établissements d’enseignement supérieur locaux, des structures de financement et des associations. Tout cet écosystème est déjà fédéré en ligne avec des actualités, des événements annoncés à toute la communauté.
Soutenir les projets à tous les stades de maturité, de l’idée à la croissance, est l’objectif que se sont fixé tous ces partenaires à travers LORnTECH, avec l’aide des fonds dédiés pour renforcer le développement des start-up françaises au plan international. Pour reprendre les actions de French Tech : fédérer, accélérer et rayonner pour aider la croissance des start-up hexagonales. Un suivi par la Mission French Tech et la mise en réseau des différentes métropoles doivent aider les régions labellisées à se mettre en ordre de marche. Les écosystèmes ont un an pour faire leurs preuves, avant une confirmation de la labellisation pour trois ans.

 

European XLab implante sa Climate City en Meurthe-et-Moselle

L’histoire commence à Toulouse. Laurent Husson, ingénieur et ancien dirigeant d’une filiale de Thales, fonde fin 2014 la société European XLab. Ce laboratoire de recherche, déjà implanté à Bordeaux et à Londres, veut fédérer des chercheurs européens pour créer « des pôles économiques innovants » et de « nouveaux relais de croissance » dans le spatial, l’aéronautique et l’environnement. Il s’agit par exemple de booster l’activité des petits aéroports locaux, qui vivotent actuellement. Les clients visés par European XLab sont les collectivités locales qui ont besoin d’aide pour réaliser ces projets. Pour l’instant, la société compte 10 salariés en relation avec un réseau d’une soixantaine de chercheurs internationaux. Ils travaillent entre autres sous la direction  du climatologue Yves Tourre, membre du comité stratégique d’European XLab, qui est chercheur et professeur rattaché notamment à l’Université Columbia de New York. Voilà pour le projet général.
En Meurthe-et-Moselle, sur la base aérienne Chambley Planet’air plus précisément, European XLab a annoncé cet été l’implantation de sa Climate City, une cité aérospatiale dédiée à l’économie du changement climatique, dans le cadre d’une convention de partenariat avec le Conseil régional de Lorraine. Le site doit accueillir d’ici trois ans 300 climatologues et acteurs de l’aérospatial, de l’aéronautique et du numérique (chercheurs, experts, entreprises, laboratoires). Le site est présenté par ses initiateurs comme un pôle de recherche, un centre opérationnel de contrôle et de développement et un campus de formation. La Climate City proposera aux collectivités locales des moyens techniques pour comprendre le changement climatique. Parmi les projets possibles, des bataillons de drones pour prélever des échantillons d’eau ou des techniques aéronautiques adaptées pour mesurer la qualité de l’air. Le tout au service du développement économique regional. La Climate City se fera en partenariat avec le groupe AéroExperts.

La société, qui compte 10 salariés, doit accueillir d’ici trois ans 300 climatologues
et acteurs de l’aérospatial, de l’aéronautique et du numérique.


« Nous avons retenu Chambley parmi six candidatures européennes, car le site cumule les avantages : moderne et adapté à tout type d’aéronefs, l’aéroport non commercial nous donnera toute latitude de mettre en œuvre drones, hélicoptères et ULM dans nos experimentations », a déclaré cet été Laurent Husson, le cofondateur d’European XLab, à « L’Usine Nouvelle », lors de l’annonce. « Nous pourrons nous appuyer sur le cluster aéronautique lorrain Aériade, complet et bien organisé. La dimension transfrontalière, qui ouvre des perspectives de coopérations internationales, nous paraît également intéressante. » Aériade représentait 500 salariés, 35 entreprises et 330 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013. A la Cop 21, qui se tiendra à Paris du 4 au 10 décembre, European XLab sera évidemment présent pour présenter Climate City. 

Isabelle Boucq

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